Alexandra Rosenfeld : « Je partage quelque chose qui me rend plus heureuse aujourd’hui que jamais »

Ancienne Miss France en 2006, Alexandra Rosenfeld est aujourd’hui une professeure de yoga accomplie. A l’occasion du lancement de son livre « Ma méthode de bien-être » dans lequel elle raconte le chemin qui l’a amenée à changer de vie, elle narre la version de Femina et détaille sa démarche autour de trois mots importants pour son quotidien. : « AJY » pour Ayurveda, joie et yoga !

Au début de votre livre, vous révélez que vous avez essayé le yoga quand vous étiez plus jeune mais que vous l’avez détesté car il n’était pas assez dynamique pour vous. Pourquoi avez-vous réessayé et quel a été le déclic ?

J’avais 18 ans la première fois que j’ai essayé le yoga, je fais beaucoup de sport depuis l’âge de 8 ans. Je fais de l’athlétisme avec des entraînements tous les soirs, je suis très sportif mais je ne sais pas ce qu’est le yoga. On m’a conseillé de prendre un risque pour soulager mon mal de dos en me disant : « C’est super ! », mais pour moi le yoga est un exercice que je ne comprends pas, c’est un état d’esprit, un art de vivre. Je suis également entré dans un cours de méditation, qui m’obligeait à m’allonger sur une natte pendant une heure. Dites-le comme si ce n’était pas compliqué, mais c’est vraiment difficile pour moi de lâcher prise complètement.

Mais cinq ou six ans plus tard, j’ai rencontré une professeure de yoga qui s’appelait Aria et qui donnait un cours de yoga très dynamique : le « yoga du guerrier ». Il m’a suggéré d’essayer et c’était un cours où j’ai transpiré et découvert des muscles dont je ne connaissais rien. Avec l’athlétisme je travaille tout le temps ensemble, et là avec le yoga je travaille les muscles profonds et l’hypopresse. Ce moment a été une révélation, j’ai compris ce qu’est le yoga et son pouvoir de saisir les muscles que nous ne connaissons pas et d’arriver à relier la tête et le corps. C’est alors que j’ai compris.

Comment vous est venue l’idée de concevoir votre propre méthode de yoga ?

Je ne me suis pas dit qu’il fallait imaginer une telle méthode. Parce que je suis si mince et naturellement sec, je ne fais pas attention à ce que je mange. On entend souvent dire qu’il faut surveiller son alimentation pour qu’elle soit « finie » mais je comprends qu’il faut faire attention pour être en bonne santé. Et c’est le déclic : je vais faire attention à ce que je mange, changer mon alimentation pour être en bonne santé, avoir une belle peau et me sentir mieux dans mes baskets. J’ai arrêté de manger quoi que ce soit, même si cela m’arrivait, je n’ai pas trop mangé. De manière générale, j’ai commencé à manger bio et de saison, pour réduire ma consommation de viande et de poisson alors que je mangeais beaucoup de viande rouge et de charcuterie. Je comprends que ça passe par l’alimentation mais il s’agit plus largement de prendre soin de soi, de prendre soin de soi. Et ça vient avec le yoga, la médiation, le sommeil… J’ai pris ce chemin pour me sentir bien et ça a duré une dizaine d’années car j’ai vraiment pris mon temps.

Depuis mon année Miss France, en 2006, on m’a souvent proposé d’écrire un livre mais je ne me sens pas légitime à dire quoi que ce soit, je refuse à chaque fois. Je ne vois pas sur quoi je peux bien écrire : je suis excité mais ce n’est que lorsque je sors un livre pour en parler que je ne comprends pas. Mais quand ça m’a été offert l’année dernière, j’ai dit oui cette fois parce que je peux partager quelque chose que je fais depuis des années, qui marche, me fait vraiment du bien, et me rend plus heureux aujourd’hui que rien. Je n’ai pas commencé ce voyage en pensant « je vais le partager », je l’ai d’abord commencé pour moi-même et j’ai vu que cela fonctionnait.

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Qu’aimeriez-vous le plus transmettre aux étudiants qui suivent votre pratique, que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la vraie vie ?

L’élément déclencheur pour vouloir prendre soin de nous-mêmes l’aura tous à un moment ou à un autre, quel que soit notre âge. Je ne me suis jamais autant donné que dans ce livre, je n’ai jamais autant parlé de moi. Je lui ai expliqué qu’il fallait prendre son temps, aller à son rythme et ne pas se stresser : le stress est pire que tout. Il peut être lu de différentes manières. Si vous voulez vraiment commencer maintenant, c’est possible. On peut aussi l’avoir comme livre de chevet et commencer petit à petit, souvent on commence par le chapitre alimentation quitte à revenir plus tard au chapitre méditation. C’est un livre que l’on garde et sur lequel on peut revenir plusieurs fois, après des mois voire des années. En fait, je pensais le relire plus tard, pour trouver quelques conseils simples et utiles.

Dans votre livre sur l’acceptation de soi, vous dites : « La pratique du yoga m’a enfin convaincu de la valeur du corps qui m’appartient. Est-ce que le yoga devrait vous apporter pensez-vous?

Le yoga est l’art de vivre. Tous les jours, je rencontre des élèves qui me disent qu’ils viennent en cours parce qu’ils ont mal au dos, je leur dis que c’est pareil pour moi. Je n’avais pas d’approche spirituelle quand j’ai commencé mon premier cours : j’avais juste mal au dos. D’autres m’ont dit qu’elles étaient trop stressées, trop nerveuses ou qu’elles voulaient trouver un moyen de dénouer leur corps : on n’arrive pas tous avec une approche aussi poussée mais on avance petit à petit. A 18 ans, lors de mes premiers cours, j’étais loin de me dire ça.

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Beaucoup de gens pensent que le yoga n’est pas pour eux, principalement parce qu’ils ne sont pas assez flexibles ou parce qu’ils ont peur de faire des erreurs. Que voulez-vous leur répondre ?

Il existe en fait de nombreuses formes de yoga différentes, à la fois calmes et dynamiques. Il faut vraiment essayer de trouver le bon yoga et le bon professeur car c’est un compromis entre les yogis et les professeurs. On peut essayer un cours et ne pas l’aimer et en essayer un autre et l’aimer, tout en restant dans la même pratique : c’est vraiment un compromis. La souplesse n’est pas vraiment un problème car le yoga n’est pas une discipline ingrate, ça vient très vite. Je n’étais pas flexible du tout lors de mon premier cours, je n’ai pas du tout touché mes pieds. En pratiquant quelques minutes d’étirements pendant une semaine ou deux on voit déjà la différence, c’est même entre le début et la fin du cours. En fait, au contraire, mieux vaut y aller avec un manque de souplesse car on voit que les résultats apparaissent très vite !

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Outre la pratique du yoga et de l’Ayurveda, vous insistez également sur l’importance de pratiquer dans la joie, votre troisième pilier. Comment le demandez-vous chaque jour ?

Je fais tout pour être heureux. Il n’y a rien qui me rend malheureux : je fais un travail que j’aime, je suis entouré de gens que j’aime et que j’ai choisis, j’habite dans la ville de mon choix… Je fais tout pour que les choses me soient paisibles. Évidemment, je ne suis pas « jusqu’au bout » tous les jours, mais je ne peux pas me plaindre car je m’assure de vivre la vie dont je rêve.

Vous avez consacré la dernière partie de votre livre à l’importance de prendre soin de notre planète, est-ce une croyance de longue date ou votre engagement était-il plus clair lorsque vous avez rencontré votre compagnon Hugo (Hugo Clément est journaliste et militant pour la protection des animaux) ?

J’avais déjà cette passion avant de rencontrer Hugo, ce qui l’a accélérée c’est qu’il a réduit sa consommation de viande et de poisson car il est végétarien : chez nous on n’en achète pas. Ma vision de l’écologie est venue avant quand, pour être exact, j’ai commencé ma démarche pour mieux prendre soin de moi, ce qui, je pense, va de pair avec le souci de la planète. Mais surtout avec mes enfants, ma fille aînée Ava a 11 ans. Cela m’est venu à la naissance, quand on a des enfants on a envie de leur laisser le monde le moins hostile. Nous savons tous aujourd’hui, en 2022, avec le rapport du GIEC que si nous ne changeons pas nos habitudes, nous risquons de leur laisser un monde difficile.

Que retenez-vous de vos dernières années en tant que professeur de yoga ?

Surtout, je me souviens que je ne finirai jamais mes études, et que toute ma vie ne suffira pas à cela. Je me rends compte que j’apprends quelque chose d’un de mes élèves dans chaque classe, ou de chaque enseignant. Que celui qui enseigne est un disciple à vie.

Nous avons eu deux années assez inquiétantes et stressantes. Quelles recommandations donneriez-vous pour affronter plus sereinement le quotidien ?

Si possible, prenez quelques minutes pour vous chaque jour. Je vois avec mes élèves, surtout quand je suis à Paris, des femmes qui s’accordent une heure de yoga par semaine et c’est tout. C’était leur seule heure de yoga, mais je voulais leur faire savoir qu’ils pouvaient se donner un peu plus, sans culpabiliser. On peut s’allonger sur notre canapé pendant 5 minutes, pas de problème ! Il faut se dire qu’on est important, si notre corps nous dit d’aller faire du sport c’est tout, mais s’il nous dit de ralentir on n’hésite pas à s’écouter. Nous avons une vie très rythmée entre le travail, les enfants, la vie, le stress, l’anxiété face au COVID et à la guerre, mais ne prendre que cinq minutes pour soi est très important : que chacun prenne soin de soi, surtout sans culpabiliser.

« Mes méthodes de bien-être – Ayurveda, Joie, Yoga », par Alexandra Rosenfeld – Edition Robert Laffont, 21,90 €

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