Avec la forte inflation actuelle, où investir son épargne pour la faire fructifier au mieux ?

L’inflation a continué d’augmenter en France en juillet dernier. Il s’établit à 6,1 % sur un an, selon les estimations de l’INSEE. Il semble que le phénomène ne soit pas prêt de s’arrêter. Bruno Le Maire l’a reconnu lors du Conseil des ministres du 29 juillet.

Il a déclaré que le pays était frappé par un « pic d’inflation ». Selon le ministre de l’Economie, « l’inflation restera à un niveau élevé jusqu’à fin 2022 ». Une éventuelle baisse n’est pas attendue avant « le courant de 2023 ». Ce jeudi 31 août, l’Insee vient de publier ses chiffres du mois écoulé, l’inflation reste constante à 5,8% relais Ouest-France.

L’impact de la hausse des prix est fort sur le pouvoir d’achat des Français. En juin dernier, l’Association 60 millions de consommateurs estimait le surcoût potentiel de l’inflation actuelle à 90 euros par mois pour les ménages. L’effet est également fort sur de nombreux produits d’épargne dont les taux d’intérêt sont bien en deçà de la dynamique de l’inflation.

Livret A, LDDS : rendement à -4 %

Livret A, LDDS : rendement à -4 %

Exemple frappant : le taux des frais du Livret A n’est plus que de 2 % depuis le 1er août. Le retour sur investissement réel préféré par les Français est donc négatif de l’ordre de moins 4 %. En clair, en y mettant de l’argent, on perd du pouvoir d’achat.

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Le même phénomène s’applique au Livret sur le Développement Durable et Solidaire (LDDS), dont le taux de cotisation est également de 2%. Quant au Livret d’épargne national (LEP) – qui est accessible sous condition de ressources – même s’il est plus rémunérateur avec un taux de 4,6 % -, son rendement réel est toujours négatif.

Afin de souffrir le moins possible de l’inflation, il convient de limiter son exposition à ces livrets bancaires qui ne rapportent rien… ou presque rien. Attention cependant : n’oubliez pas de garder suffisamment d’argent pour couvrir toutes les dépenses imprévues, à court terme.

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Assurance vie : oser la diversification

Assurance vie : oser la diversification

Sorte de « couteau suisse » de l’épargne, l’assurance-vie est un placement utilisé par de nombreux Français. A fin juin, il représentait un encours de 1,821 milliard d’euros selon les chiffres de France Assureurs. La plus grande partie de cet argent – environ 80 % – a été placée dans des fonds en euros.

Problème : leurs revenus n’ont cessé de baisser, passant de 2,9 % à 1,3 % en moyenne sur dix ans. Pour 2022, le rendement attendu devrait se situer autour de 2 %. Le chiffre est à nouveau nettement inférieur à l’inflation. Mais tout n’est pas perdu.

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L’avantage de l’assurance-vie est qu’elle combine différents investissements. Outre les fonds en euros, il existe également des unités comptables – actions ou parts de sociétés cotées, immobilier, valeurs mobilières – qui peuvent générer des plus-values ​​importantes, mais aussi des moins-values. Par conséquent, c’est un outil plus risqué qui doit être utilisé avec prudence.

Dès lors, la diversification via des contrats multi-ados associant des fonds en euros (aux rendements faibles mais garantis) et des fonds en unités de compte (aux rendements plus élevés mais aléatoires) semble une solution intéressante.

Immobilier : toujours une valeur refuge ?

Immobilier : toujours une valeur refuge ?

En période d’inflation, l’immobilier est souvent présenté comme une valeur refuge. Pour cause, dans le secteur locatif, l’indice de référence des loyers est indexé sur l’inflation. Quant aux valeurs immobilières, les prix continuent d’augmenter, surtout sur le littoral. Il est donc possible d’espérer un bon retour sur investissement.

La SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) offre également des rendements d’épargne parmi les plus attractifs. L’année dernière, ils ont affiché un taux de distribution moyen de 4,5 %. Les meilleurs d’entre eux offrent parfois des rendements supérieurs à 6 ou 7 %. Ce qui a largement compensé l’inflation.

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Par ailleurs, emprunter pour investir dans l’immobilier reste attractif : avec une inflation autour de 6% en ce moment et des taux à 20 ans inférieurs ou proches de 2%, emprunter reste rentable. « L’inflation ne désavantage jamais l’acheteur mais le vendeur », résume Edwin Le Héron, professeur des universités en économie à Sciences Po Bordeaux, pour Public Sénat.

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Attention, cet état de fait risque de ne pas durer. Quant aux loyers, le 21 juillet, l’Assemblée nationale a voté la limitation de l’indice de référence des loyers (IRL) à 3,5 % pendant un an. Quant à l’achat, « l’immobilier va souffrir de la hausse des taux de crédit et il y a une chance que les prix baissent », a nuancé Jean-Paul Pollin, professeur émérite à l’université d’Orléans, auprès de nos confrères de franceinfo.

La Bourse, parier sur le risque

La Bourse, parier sur le risque

Dans un contexte de forte inflation, investir en bourse est tentant. Le pari est risqué, mais il peut bien payer. « Si vous avez le goût du risque, vous pouvez parier sur le fait que l’action de l’entreprise a baissé au cours des six derniers mois et pourrait remonter dans les mois à venir », précise Jean-Paul Pollin.

Investir en bourse, c’est prendre le risque de tout perdre. Par conséquent, il faut éviter de démarrer rapidement et sans expérience. « Le mieux est de faire confiance au conseiller financier de votre banque ou à un investisseur institutionnel », suggère un membre du Cercle des économistes.

Conserver un vieux PEL

Si l’actuel plan d’épargne logement (PEL) ne rapporte qu’environ 1 % et est désormais imposable pour ceux ouverts à partir de 2018, la situation est différente pour les « anciens » PEL. Exemple : PEL ouvert en 2010 avec un taux de rendement de 2,5 %. Celui-ci peut monter à 3,7 % pour les PEL ouverts en 2001. De bien meilleurs résultats que le Livret A ou le LDDS.

De plus, le taux obtenu à l’ouverture d’un PEL ne change pas tant que votre investissement n’est pas terminé. Il n’y a donc pas lieu de craindre une évolution du tarif comme cela pourrait être le cas avec le Livret A. Autre avantage des PEL ouverts avant le 1er mars 2011 : ils n’ont pas de date limite. Par conséquent, il est possible de laisser votre argent fructifier à un rythme constant.

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