Ça vient, ça sort, ça s’exalte… Ce qu’il faut retenir du gouvernement Borne

Le gouvernement d’Elisabeth Borne a été dévoilé vendredi. Voici ce qu’il faut retenir.

Pap Ndiaye, Catherine Colonna, Rima Abdul Malak… Dix-sept ministres, six vice-ministres et quatre secrétaires d’État, dont douze nouveaux entrants : le gouvernement de la Première ministre Élisabeth Borne

Les douze nouveaux

Les douze nouveaux

a été dévoilée vendredi après-midi par Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, sur les marches du palais présidentiel. Entrées, sorties et promotions, le JDD vous résume ce qu’il faut retenir de ce premier gouvernement Borne chargé de mettre en œuvre le deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron.

La grande surprise de ce gouvernement est l’entrée de l’historien Pap Ndiaye au poste de ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Spécialiste de l’histoire sociale des États-Unis et des minorités, il est directeur général du Palais de la Porte-Dorée et dirige le Musée d’histoire de l’immigration. Prenant la suite de Jean-Michel Blanquer, Pap Ndiaye s’est prononcé contre son prédécesseur sur l’islamo-gauchisme. « Le terme » islamo-gauchisme « ne désigne aucune réalité à l’université. C’est plutôt une manière de stigmatiser les courants de recherche, cela (…) travaille sur l’intersectionnalité, une manière de croiser les approches antiracistes et antisexistes. (…) », déclarait sur France Inter en février 2021, en réponse aux propos de Jean-Michel Blanquer.

Autre surprise, Catherine Colonna devient ministre des Affaires étrangères. Ambassadrice de France en Italie puis au Royaume-Uni depuis le 2 septembre 2019, elle a également été vice-ministre déléguée aux Affaires européennes de juin 2005 à mai 2007 dans le gouvernement de Dominique de Villepin. Auparavant, il a été porte-parole de la présidence de la République française sous Jacques Chirac, de mai 1995 à septembre 2004.

Dernière surprise, la nomination de Rima Abdul Malak au ministère de la Culture, succédant à Roselyne Bachelot. Cet ancien membre de l’équipe de Bertrand Delanoë, lorsqu’il était maire de Paris, était depuis 2019 le conseiller culture et communication du président de la République.

Stanislas Guérini, jusqu’alors représentant général de La République en marche, devient ministre de la Fonction publique. Il est également député de la 3e circonscription de Paris. Avant sa nomination, Stanislas Guérini avait été critiqué pour avoir défendu la candidature du député Jérôme Peyrat aux législatives, coupable d’actes de violences conjugales. Sa nomination laisse également une place vacante à la tête du parti présidentiel.

Damien Abad nommé ministre de l’Unité, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Député de la 5e circonscription de l’Ain, il a été limogé par des critiques au sein de son parti pour s’être rapproché de la Macronie. Jeudi, il a annoncé qu’il quittait son poste de président du groupe LR à l’Assemblée, « dans un souci de clarté, de cohérence et de responsabilité », a-t-il annoncé jeudi 19 mai dans les colonnes du Figaro. « Je suis toujours de droite, mais je prends congé de mon parti », a-t-il expliqué.

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Amélie Oudéa-Castera devient ministre des Sports, Olympiques et Paralympiques. Elle a mené une carrière de haut niveau dans le tennis, notamment dans les compétitions de jeunes – a atteint les demi-finales juniors de l’US Open en 1993 puis Wimbledon et Roland Garros en 1994 – avant d’abandonner sa carrière en 1996 et de passer les compétitions scientifiques Po Après un Titulaire d’une maîtrise de droit, elle est admise à l’ENA et côtoie Emmanuel Macron dans la promotion de Léopold Sédar Senghor. Elle a débuté sa carrière à la Cour des comptes en 2004, suivie d’une navigation entre privé et public. Directrice de la Fédération française de tennis depuis 2021, elle ne serait pas étrangère à la suspension du couvre-feu lors de la demi-finale de Roland Garros, le 11 juin 2021, entre Novak Djokovic et Rafael Nadal.

Le ministère des Affaires étrangères voit arriver Yaël Braun Pivet sur sa tête. Engagé au Parti socialiste au début des années 2000, il rejoint la République en mars 2016, avant de se présenter et de remporter les élections législatives de 2017, dans la 5e circonscription des Yvelines. Peu de temps après son élection, elle a été élue présidente de la Commission du droit.

Deux sous-ministres rejoignent également le gouvernement. Isabelle Rome est nommée ministre déléguée à l’Égalité des femmes et des hommes, à la Diversité et à l’Égalité des chances. Magistrat en exercice, elle est depuis juin 2018 haute déléguée à l’égalité femmes-hommes au ministère de la Justice, chargée notamment de l’application de la loi Grenelle contre les violences conjugales. Après avoir quitté ce poste, elle a dressé son bilan pour le JDD.

Christophe Béchu devient ministre délégué chargé des Collectivités territoriales. Maire d’Angers et proche de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, il est également le secrétaire général d’Horizons.

Enfin, trois nouveaux secrétaires d’État font leur apparition. Justine Benin nommée secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de la Mer Elle est députée de la deuxième circonscription de la Guadeloupe, depuis 2017 sous l’étiquette « divers gauche ». Élu face à un candidat LREM, il siège finalement comme l’un des membres du groupe MoDem.

Le secrétaire d’État à l’Enfance voit l’entrée de Charlotte Caubel. Il était jusqu’alors directeur de la protection judiciaire des mineurs depuis 2020, nommé par le président de la République, Jean Castex et Éric Dupond-Moretti. Elle a également été la conseillère juridique d’Édouard Philippe lorsqu’il était Premier ministre.

Ceux qui s’en vont

Ceux qui s’en vont

Chrysoula Zacharopoulou prend les fonctions de secrétaire d’État chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux. Gynécologue de formation, elle s’est fait remarquer pour son combat pour découvrir l’endométriose. En 2019, il devient député européen sous les couleurs de La République en marche. Elle est également impliquée en tant que présidente de COVAX, une initiative visant à assurer un accès équitable à la vaccination Covid dans 200 pays.

Les ministres en exercice non renouvelés sont : Jean-Yves Le Drian, Barbara Pompili, Jean-Michel Blanquer, Florence Parly, Joël Giraud, Roselyne Bachelot, Annick Girardin, Frédérique Vidal, Julien Denormandie.

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Le mandat de Jean-Michel Blanquer à l’Education nationale a été pointé du doigt par plusieurs arguments, alors que l’école devait faire face à la pandémie de Covid. Parmi elles, sa critique de l’université et de « l’islamo-gauchisme » ou encore ses vacances à Ibiza, alors qu’il dévoilait le protocole sanitaire scolaire au Parisien en janvier 2022.

De son côté, l’ancien ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation Julien Denormandie a exprimé son souhait de passer du temps avec sa famille. « Elle m’a trop manqué », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Nouvel épisode ⤵️ pic.twitter.com/QZ4auBkYHc — Julien Denormandie (@J_Denormandie) 20 mai 2022

Nouveau chapitre ⤵️ pic.twitter.com/QZ4auBkYHc

Parmi les ministres suppléants, Elisabeth Moreno, Jean-Baptiste Lemoyne, Emmanuelle Wargon, Djebarri, Roxana Maracineanu, Geneviève Darrieussecq, Marlène Schiappa, Brigitte Klinkert et Nadia Hai qui ne feront pas partie du nouveau gouvernement.

L’ancien vice-ministre des Transports Jean-Baptiste Djebarri a suscité la polémique avant une annonce gouvernementale, puisqu’il devrait être nommé administrateur d’Hopium, une nouvelle société visant à produire des voitures haut de gamme à hydrogène. La jeune société a annoncé lundi son intention de proposer à l’ancien ministre le nom de son conseil d’administration.

Marlène Schiappa, alors ancienne secrétaire d’État à l’Égalité hommes-femmes en tant que vice-ministre à la Citoyenneté, n’a pas non plus été reconduite. « Je ressens une émotion particulière en quittant le ministère de l’Intérieur où 290 000 femmes et hommes agissent avec un engagement quotidien pour garantir l’ordre républicain ».

Être ministre pendant 5 ans avec @EmmanuelMacron est une fierté et un honneur. Je garde l’engagement chevillé au corps ⤵️ pic.twitter.com/q6oOFIeQKs

Ceux qui restent et sont promus 

Ceux qui restent et sont promus 

Enfin, du côté des secrétaires d’État, Sophie Cluzel, Bérangère Abba, Sarah El Haïry, Cédric O, Laurent Pietraszewski, Adrien Taquet ont également quitté le gouvernement.

Bruno Le Maire (Economie) et Gérald Darmanin (Intérieur) conservent leurs ministères respectifs mais bénéficient d’une promotion cérémonielle. Ils sont désormais et respectivement numéro un et deux dans l’ordre protocolaire. Éric Dupont-Moretti conserve le ministère de la Justice, et prend la quatrième place du protocole. Amélie De Montchalin classe le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires au cinquième rang protocolaire. L’ancien ministre des Affaires étrangères Sébastien Lecornu devient ministre des Armées.

Parmi les sous-ministres, Marc Fesneau, alors sous-ministre chargé des Relations parlementaires et de la Participation citoyenne, a pris la tête du ministère de l’Agriculture. Agnès Pannier-Runacher devient ministre de la Transition énergétique. Et Brigitte Bourguignon devient ministre de la Santé et de la Prévention, tandis qu’Olivier Dussopt est nommé ministre du Travail.

Celui qui reste et est relégué

Celui qui reste et est relégué

Clément Beaune, jusqu’alors secrétaire d’État aux Affaires européennes, devient ministre délégué aux Affaires européennes. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, est lui-même sous-ministre des Comptes publics.

27 membres : 14 femmes et 13 hommes

Ancien ministre de l’Unité et de la Santé, Olivier Véran, figure de la crise sanitaire du Covid-19 en France, devient vice-Premier ministre, chargé des Relations parlementaires et de la Vie démocratique.

Quid de l’équilibre politique ?

Ce nouveau gouvernement compte 27 membres, dont 17 ministres, 6 vice-ministres et 5 secrétaires d’État. En termes d’égalité, il comprend 14 femmes, dont la Première ministre Elisabeth Borne, et 13 hommes.