Cirque du Soleil : Dans l’Antre du Géant de Québec

Le Finlandais Pipsa propose une démonstration spectaculaire d’antipodisme, un numéro de vente avec… des pieds.

(Valériane Mazataud/hanslucas.com pour l’Express)

Il n’y a pas de couleurs vives ou de reflets brillants. Même un petit signe attaché avec un soleil, le signe mondialement connu de l’équipe. De l’extérieur, avec son logo gris, le siège social international du Cirque du Soleil, situé dans le quartier pauvre de Saint-Michel, au nord de Montréal, ressemble à une usine. Rien de mieux qu’un soulier en bronze, placé juste devant l’entrée principale, pour piquer la curiosité des visiteurs en quête de tours de magie.

Dès qu’il franchit la porte de cet immeuble de sept étages, recouvert d’une fine couche de neige en ce jour de novembre, une atmosphère plus chaleureuse apparut. Magnésie sur les mains, sacs de sport sur les épaules, les athlètes et les circassiens se promènent tous souriants, le plus souvent par petits groupes, dans les couloirs de la compagnie, dont les murs sont tapissés de petites touches impressionnistes, voire surréalistes. Ici, des sculptures animalières mouvantes en verre soufflé s’élèvent du plafond. Là, un grand tableau sur aluminium signé de l’artiste québécois Jordi Bonet dépeint un petit salon aux fauteuils colorés. L’univers merveilleux du cirque se dévoile enfin.

Dans cette usine à merveilles, digne de Charlie et de la Chocolaterie, 1 500 artistes, techniciens, maquilleurs et créateurs de mode se retrouvent chaque jour. Vous vous sentirez vite petit au milieu de cette maladie des fourmis. Comme le terrain de sport semblait lointain au début des années 1980 ! Trois décennies plus tard, le Cirque du Soleil, géant aux 190 millions de spectateurs, emploie plus de 4 000 personnes dans le monde, dont 1 500 artistes de plus de 50 pays. Une vingtaine de représentations font actuellement le tour du monde, dont Toruk, un spectacle inspiré du film Avatar de James Cameron, qui est à Paris du 4 au 14 avril. Revivez les visions de ce géant québécois, devenu au fil des années une référence dans le monde.

Environ 300 ouvriers travaillent à plein temps dans un atelier qui produit environ 16 000 feuilles de papier par an.

© / Valériane Mazataud/hanslucas.com pour l’Express

A quelques pas de la porte se trouve le studio A/B. « C’est là que naît la magie », résume David Poulin, le directeur de la création. Dans ce petit décor aux allures de terrain de basket, divisé par de longs rideaux noirs, 16 acrobates virevoltent à la vue de deux nouvelles images. D’une durée de quarante minutes, ces créations, baptisées Syma et Varélia, seront présentées sur le Bellissima, navire amiral de MSC Croisières, fruit d’un partenariat entre la compagnie et le Cirque du Soleil.

Conçu dans les chantiers navals de Saint-Nazaire, le navire accueillera ses premiers touristes en mars. Syma suit le parcours d’un jeune homme qui, au cours d’un périple, découvre une île peuplée de créatures mystérieuses. Varelia, ainsi que des apparitions futures, raconte le coup de foudre entre un guerrier aveugle et une princesse à la peau violette, arrachée par une mauvaise personne.

« Il y a des disciplines à bannir »

Bien qu’elle soit conçue sur mesure, la salle de spectacle Bellissima, plus petite qu’une salle de concert traditionnelle et dotée d’étages inférieurs, n’offre pas les conditions habituelles aux acrobates. Face aux obstacles présentés par l’artiste, l’équipe a dû s’adapter. « Il y a des disciplines qui sont interdites, comme le trampoline ou la planche à bascule : les artistes vont voler haut et se cogner la tête au plafond ! c’est pareil que ce soit un bateau ou pas », c’est l’assurance de David Poulin.

Pour l’instant, il n’est pas nécessaire de gonfler pour créer de la tension dans la pièce. Les visages silencieux, certains tendus au milieu de gros fils noirs tressés, servaient à l’origine à un spectacle spécial, tandis que d’autres, attachés à un tapis, couvraient l’épaisseur du matelas au milieu de la pièce. Dans le vide, un jeune homme vêtu d’un t-shirt laissant penser qu’il est bombé est assis en tailleur. Le visage luisant de sueur et le regard fixe, il écoute religieusement les conseils de son coach sportif. Fabian Galouÿe, Strasbourgeois de 24 ans, est le seul artiste français qui reste dans l’élite. Sa spécialité ? Le diabolo, qu’il mêle à l’acrobatie. Le résultat est un subtil mélange d’habileté, de souplesse et de force physique. Sa routine : tordre de nombreux diabolos en faisant des avants, des arrières et des reculs ! « Pour l’instant, nous nous entraînons dix heures par jour, chuchotons en français et dessinons un sourire timide. Ce rythme est toujours quand nous sommes en train de créer un nouveau film. . Une fois que les festivités commenceront, il fera froid. »

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Maintenant, retour au travail. Le groupe d’acrobates se produit devant un petit groupe de journalistes internationaux. Au sol, des lignes vertes et oranges délimitent l’emplacement du futur théâtre. Salomon, un funambule éthiopien, abandonne vêtu d’une robe rouge, grimpe sur un fil, marche quelques pas avant de sauter sur un vélo. Autre numéro, autre environnement. Sur une musique légère, grelots en fond sonore, le Pipsa finlandais, allongé sur une chaise, tête baissée, jambes en l’air, offre une étonnante démonstration d’antipodisme. Compréhension : un numéro courant avec des bras… et des jambes.

La performance, qui demande des compétences particulières, se déroule sans encombre, sous le regard bienveillant mais quelque peu inquiet des managers. Entrez dans la troisième table, dirigée par Ehrlich Marz Ocampo, un filiforme acrobate philippin. Chaussures aux pieds, tout de noir vêtu, il saute dans tous les sens, une barre lumineuse dans les mains. Quand soudain, à sa grande surprise, l’objet se mit à tourner autour de lui ! Le fil, connecté à l’appareil, est à peine perceptible. Aucun défaut à signaler. Le visage du surveillant, respirant presque pendant une vingtaine de minutes, progressivement.

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L’acteur philippin Ehrlich Marz Ocampo fait tourner une barre lumineuse autour de lui entre les représentations.

© / Valériane Mazataud/hanslucas.com pour l’Express

Si tout semble facile pour les sportifs, on ne peut que deviner le poids sur leurs épaules, à quatre mois de la première épreuve de la vie en mer. Ecole de cirque près de la capitale. Le diabolo demande une main spéciale, chez lui, la bonne. la musculation pour essayer d’équilibrer le côté gauche et m’équilibrer. »

Royaume de la débrouille

Les artistes sont la pièce maîtresse de tous les spectacles à travers le monde, mais la magie du Cirque du Soleil se résume aussi aux costumes et aux costumes. Il faut voir beaucoup des deux ministères pour comprendre leur importance dans le système. Au rez-de-chaussée, le studio « make-up » regorge de centaines de pinceaux, éponges, fonds de teint, fards à paupières, blushs, crayons… C’est une caverne d’Ali Baba où il a été donné par Maryse Gosselin, la papesse du maquillage. conseils importants et changement de ses cochons.

Ce jour-là, il écrit ses premiers écrits sur le titre du tableau de Varélia, la célèbre dame pourpre dont le visage, entièrement recouvert de parme, fait ressortir son regard perçant, presque hypnotique. Derrière lui, cinq acteurs, pinceaux à la main, se maquillent. Car ici est aussi le royaume de la sagesse. « Je ne peux pas assister à tous les spectacles, et encore moins m’occuper de tout le monde, explique Maryse Gosselin. Ainsi, chaque artiste a une boîte avec un guide « étape par étape » qui explique tout manger des étapes ».

Maryse Gosselin (à droite) prépare le maquillage du personnage principal de la série, Varelia, une princesse mauve.

© / Valériane Mazataud/hanslucas.com pour l’Express

Que diriez-vous de ce super atelier où 20 créateurs de mode et mannequins s’affairent à planifier de nouvelles tenues ? Derrière leurs machines à coudre, ces petites mains brûlent et courent ça et là entre un costume bleu à écailles, un chapeau en raphia vert et rouge ou une veste de course dont les tons gris ressortent quand on prend une photo. Environ 300 personnes travaillent à plein temps dans cette salle pour produire près de 16 000 feuilles de papier par an. Parcourir les couloirs, c’est remonter le temps, explorer les vêtements de tous les défilés depuis la création de l’équipe. A quatre mois du début de deux nouveaux spectacles, le Cirque du Soleil tourne à plein régime. C’est une nation qui ne dort jamais.