Conseil jardinage de Marie Marcat : deux miracles pour les fleurs de fin d’été

Très utilisés en ville, les Lagerstroemias, plus connus sous le nom de lilas indien ou lilas d’été, sont des arbustes spectaculaires et raffinés. Rustiques jusqu’à moins 15 °C (une fois adultes), elles sont intéressantes à plusieurs titres : floraison éblouissante de juillet à septembre en panicules denses de petites fleurs frisées, rose indien, rouge incandescent ou encore blanc baroque ; feuillage qui prend des couleurs brillantes à l’automne, avant de révéler, en hiver, une écorce remarquable, satinée, de couleur cannelle et marbrée de teintes douces, roses et crème.

Son feuillage caduc met encore plus en valeur son architecture légèrement tortueuse et les couleurs subtiles de ses branches !

Elle ornait les temples chinois depuis des temps immémoriaux

Magnus von Lagerstroem (1696-1759), directeur de la Compagnie suédoise des Indes orientales et botaniste amateur, envoie au naturaliste suédois Linné, qui avait déjà nommé un grand nombre de plantes, un magnifique arbuste jusqu’alors inconnu.

Après un long voyage en bateau, la plante arriva en Suède en 1759 et s’avéra constituer un nouveau genre botanique, que Linnaeus nomma Lagerstroemia indica, en mémoire de son ami qui la collectionna en Inde. La plante, qui orne les temples chinois depuis l’Antiquité, a été introduite en Inde il y a longtemps en raison de sa grande valeur ornementale. Il est exact que l’arbuste porte aussi le nom de lilas d’été. Ses bouquets de fleurs compacts rappellent les lilas printaniers.

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Largement cultivée dans le Sud-Ouest et sur la côte atlantique, la Lagerstroemia est extrêmement florifère sous le soleil. Depuis quelques années, de nouvelles variétés plus rustiques permettent à d’autres régions de France de l’utiliser, à condition de la planter dans un endroit chaud et ensoleillé, à l’abri des vents violents ; plus il fait chaud, plus ses fleurs sont généreuses et durables !

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Ce petit arbre est facile à cultiver tant qu’il est pourvu d’un sol fertile, riche en humus et bien drainé. Attendez le printemps pour le mettre en terre. Le trou de plantation doit être trois fois plus grand que la parcelle à enfouir et y ajouter du bon compost.

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Un candidat idéal pour la formation de bonsaïs

Un candidat idéal pour la formation de bonsaïs

Le lilas d’été a un port agglomérant naturel, mais il peut aussi être cultivé sur une tige ou taillé en un petit arbuste graphique. Il en existe une trentaine d’espèces, mais la plus connue est Lagerstroemia indica et les nombreuses variétés horticoles dont elle a donné naissance.

Pour les petits jardins et la culture en bac, le choix des variétés à faible développement est désormais vaste. Sa capacité à supporter les tailles sévères, l’esthétique de son port et la beauté de son écorce en font un candidat idéal pour la formation en bonsaï.

La taille se fait en fin d’hiver, à partir de mars. Les branches principales doivent être coupées au tiers de leur longueur et les petites branches secondaires enlevées à leur base. Chaque année, enrichissez la base du buisson d’un apport de compost, qui fera également office de paillis.

Rustique

Rustique

Voici une autre merveille, ma préférée, fleurissant un peu plus tard que la précédente et injustement méconnue ! Pourtant, cette espèce chinoise, intéressante à plus d’un titre, ne montre que des qualités : parfaitement rustique, peu exigeante pour la nature du sol, elle pousse vite et révèle un port assez divergent. Il s’agit de l’heptacodion chinois (Heptacodium miconioides, syn. jasminoides), également connu sous le nom d’arbre à sept fleurs ou de sept fleurs fils du Zhejiang.

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Les arbres flétrissent à cause de la chaleur

Ce dernier a été importé de Chine au début du XXe siècle. Après une longue pause, il revient en Europe dans les années 1980-1990. Dans son pays d’origine, il est aujourd’hui curieusement devenu rare.

Il se cultive en plein soleil dans tous types de sols, même relativement sec et calcaire

Il se cultive en plein soleil dans tous types de sols, même relativement sec et calcaire

Il produit des fleurs d’été en forme d’étoile, blanches et intensément parfumées, attirant les abeilles et les papillons. Elles sont suivies de bractées violettes très décoratives jusqu’aux gelées. Son feuillage se teinte de rouge en automne et tombe très tard. Son écorce jaune-rose a un aspect marbré en hiver, et s’exfolie avec le temps.

L’heptacode offre une excellente résistance (moins 25 °C). Il pousse en plein soleil dans tous les types de sols, même relativement secs et calcaires. Il se développera tout de même plus harmonieusement et plus rapidement dans un sol profond, frais, pas trop calcaire et bien drainé. Arrosez abondamment l’été après la plantation pour qu’il s’enracine correctement.

Ce petit arbre a naturellement un port élégant et ne nécessite pas de taille ; si nécessaire, ce sera fait en mars. Cependant, pour mieux profiter de la beauté de son écorce, il est préférable de supprimer les branches qui se développent à la base avec le temps. L’heptacodie chinoise, encore trop rare, ne laisse pas insensible votre âme de jardinier.

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