Coupe du monde de rugby 2023 : Paul Couet-Lannes pourrait faire la rentrée parfaite

Pourtant, le parcours n’a pas été facile pour les Béarnais qui ont passé leur enfance dans le Jurançon, non loin de Ribarrouy, le fief familial. Avant de réussir sa reconversion, Paul Couet-Lannes a dû faire le deuil de sa carrière sportive, puisqu’il avait 28 ans. Une histoire assez classique d’un rugbyman surdoué qui ne s’est jamais remis d’une double blessure…

Pourtant, le parcours n’a pas été facile pour les Béarnais qui ont passé leur enfance dans le Jurançon, non loin de Ribarrouy, le fief familial. Avant de réussir sa reconversion, Paul Couet-Lannes a dû faire le deuil de sa carrière sportive, puisqu’il avait 28 ans. L’histoire assez classique d’un rugbyman surdoué, qui n’a jamais réussi à se remettre d’une double blessure au genou (rupture du ligament croisé et rechute) qui l’a mis à l’écart pendant près de deux ans, à l’âge de 18 ans.

L’ovale, religion familiale

L’ovale, religion familiale

Jusque-là, tout se passait comme dans un rêve pour Paul Couet-Lannes. Encouragé par ses parents – qui se connaissaient eux-mêmes sur les canchas de pelote basque – à se forger une culture sportive éclectique (judo, athlétisme avec une préférence pour les disciplines combinées), il fut vite submergé par l’atavisme familial : son oncle Hervé était joueur dans la section paloise dans les années 1980 . « Le rugby est une religion dans la famille, le ballon ovale m’a secoué. Quand j’ai été invité du lycée Cassin de Bayonne à 15 ans, j’ai arrêté tous les autres sports.

Ses parents le suivent sur la côte basque, où il choisit le Biarritz Olympique plutôt que l’Aviron Bayonnais (« J’avais plus d’amis d’un côté que de l’autre dans le choix du département »). Là, comme beaucoup d’autres, il a été marqué par la scolarité de « Monsieur Pierre Pérez », actuellement responsable de la formation en section Paloise puis responsable de la section Espoirs du lycée de Bayonne. « Un gentleman dans tous les sens du terme », insiste Paul Couet-Lannes. Avec lui, sans une bonne note à l’école, il n’y a pas de formation. Il nous a appris l’importance du dépassement de soi, une vie saine, la musculation… En trois ans j’en ai gagné dix ».

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Sur le terrain, Paul Couet-Lannes est nettement au-dessus du nul. « Je le connaissais en tant que cadet dans l’équipe de mon fils. Sincèrement, pour moi, c’était la future star du rugby français », confie Patrice Lagisquet, qui l’entraînera plus tard en BO. « Je n’ai jamais vu un joueur de 15-16 ans avec autant de talent. Il a dominé physiquement et techniquement, avec des appuis, des pieds et des mains.

Tant pis pour les patates

Tant pis pour les patates

Sélectionné dans toutes les équipes de France de jeunes, il débute chez les professionnels à 18 ans et 3 mois. « Jean-Michel Gonzalez, entraîneur des Espoirs, m’appelle à midi : « Romain Cabannes est indécis, jeudi tu y vas le premier ». On devait faire des patates à Garlin, on a tout annulé (rires).

Samedi, il entre dans les trois dernières minutes face à Toulon « contre Tan Umag ». Son destin de « nouveau Nicolas Brusque », son idole de Pau à Biarritz avec qui il partage le profil d’une personne au dos relevé et à la carrure élancée (1,87m contre 1,89m pour le plus âgé), semble scellé. « C’était un rêve de jouer avec lui et les Trailles, Harinordoquy, j’ai adoré ça, ce furent des années amusantes. »

Planning chargé entre semaines au Centre National de Rugby de Marcoussis, week-ends avec les professionnels du BO et les sélections ? Ou juste de la malchance ? Paul Couet-Lannes s’est gravement blessé au genou, rechuté au même endroit. Il « profite » de la longue convalescence pour poursuivre ses études, qu’il n’a d’ailleurs jamais abandonnées. Il était bon, la suite de sa carrière s’est déroulée sans encombre, sur la bande originale il a été muté en Pro D2, puis à Mont-de-Marsan, où l’entraîneur de l’époque Christophe Laussucq l’obligeait à jouer très peu. En 2018, place aux questions. « Chômage, il n’y a pas trop de visibilité pour l’avenir. Heureusement, grâce au rugby, j’ai grandi vite, je suis entré tôt dans la vie d’adulte.

Après sa dernière tentative à Anglet, en Fédérale 1, où il a passé « (sa) meilleure saison sur le terrain » au centre, aux côtés de Sébastien Fauqué (39 ans), il doit regretter son parcours au plus haut niveau. « C’était très difficile. Après dix ans à côtoyer des professionnels, à vivre dans une bulle, ça s’arrête et il faut continuer avec une vie normale », souligne-t-il.

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Solides études

Solides études

Heureusement, il est déjà armé pour l’avenir : un diplôme STMG à Bayonne, un BTS en gestion d’unité commerciale pendant un an à Marcoussis, une licence en gestion de centre de profit de Toulouse Business School et un master en gestion d’entreprise orientée. , qui l’a toujours attiré. Il faisait quelques événements avec sa femme Chloé à Bordeaux lorsque, sur les conseils de Provale (le syndicat des joueurs de rugby professionnels), il postule au poste de field manager pour la Coupe du monde 2023. Et le 20 octobre 2020, il est affecté à Bordeaux !

Il mesure son bonheur (« Tous les jours je vais travailler avec une banane ») car le travail est passionnant : « Organiser et ‘livrer’ cinq matches à la Matmut, gérer des camps de base, organiser un ‘village rugby’ (espace où les supporters peuvent se rassembler , ndlr), coordonner la venue des joueurs et du public, rencontrer les collectivités, l’Université, les entreprises et la Ligue Nouvelle-Aquitaine… C’est tout l’écosystème qui est en jeu », énumère-t-il.

A l’approche de la compétition, la tension va inévitablement monter, à la mesure de ses fonctions. « Si ça tourne mal, c’est de ta faute. C’est le stress que j’ai vécu en tant que sportif de haut niveau, mais ici il va être décuplé : cinq matches à plein régime, un mois à haute intensité. » Il se voit comme un joueur de troisième division discret mais efficace. et comment, mais faisons le travail. »

Et puis, Paul Couet-Lannes le sait, un gros écart l’attend au soir du 30 septembre 2023. « La directrice du tournoi Martine Nemecek nous a déjà dit de préparer la suite. Avec ma malchance de rugbyman, j’ai eu la chance de pouvoir profiter de ce saut ultra-bénéfique et vivre cette expérience unique ». C’est presque comme s’il était encore sur le terrain de rugby.

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