« Des études épidémiologiques pour l’assurance » – La tribune de Pierre…

Par Pierre Vaysse, directeur de l’écosystème Ma Santé chez Allianz France

« La Covid-19 n’est pas une parenthèse : le risque épidémiologique n’est pas près de disparaître, c’est même une nouvelle réalité dont la fréquence et l’intensité augmenteront à l’avenir, face à laquelle les assureurs ont un rôle clé à jouer »

La pandémie de Covid-19 n’est pas encore terminée, mais trois années passées à vivre au rythme de ce nouveau virus ont permis de dégager certains constats qui sont autant d’enseignements utiles à tirer pour le monde de l’assurance et, plus généralement, notre société s’attache à devoir prendre au sérieux les risques épidémiologiques, systémiques. , et ce nouveau mondial.

Tout d’abord, la pandémie a démontré la puissance de l’innovation et de la recherche dans le monde de la santé. Jamais dans la longue histoire de l’humanité n’avons-nous trouvé un remède à une pandémie mondiale aussi rapidement et efficacement. La possibilité d’un développement très rapide de médicaments et de vaccins à l’échelle industrielle, dépendant de la mobilisation massive et internationale du monde scientifique, s’est concrétisée sous nos yeux. Les assureurs, en tant qu’acteurs de long terme, doivent tout mettre en œuvre pour promouvoir et financer cette innovation qui correspond parfaitement à leur rôle social. À cet égard, certains d’entre nous ont pris les devants en investissant dans les biotechnologies ou en leur substituant des médicaments innovants tels que l’immunothérapie ou les vaccins à ARN.

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Plus largement, le développement et l’adoption accélérés de nouvelles innovations pharmaceutiques ont des conséquences importantes pour notre secteur des assurances et notre système de sécurité sociale. Les assureurs devraient d’abord revoir leurs modèles actuariels qui, trop souvent, sont encore calibrés sur l’impact historique de la pandémie. La science a fait tant de progrès et l’efficacité des sociétés pharmaceutiques est désormais en mesure d’avoir un impact mesurable sur les taux de mortalité et de morbidité pandémiques dus aux maladies émergentes. Cette nouvelle réalité bouscule les régimes d’assurance passés et devrait être mieux prise en compte dans la future comptabilité sectorielle.

Le développement plus rapide de nouveaux médicaments innovants impactera également l’assurance responsabilité civile des laboratoires pharmaceutiques et des différents acteurs de la chaîne du médicament. Pour les questions de santé publique, mais aussi de responsabilité, il existe désormais de nombreux cycles de vérification. Si l’introduction rapide de nouveaux médicaments est une bonne nouvelle, il ne faut pas éviter que de nouvelles questions se posent en termes de responsabilité, d’effets secondaires et de pathologie subséquente. Les compagnies d’assurance doivent donc accepter une plus grande prise de risque, mais en introduisant de nouvelles méthodes de contrôle et éventuellement en ajustant les taux de prime.

Continuité. Si des effets secondaires indésirables surviennent, les coûts peuvent encore être très importants pour l’assurance maladie. La crise pose donc aussi des questions sur la pérennité de notre modèle de protection sociale et la prise en charge de la pathologie. De nouveaux médicaments complexes vont émerger, avec des coûts de développement très élevés. En France, contrairement à d’autres pays, l’État a pris l’entière responsabilité de la vaccination et du dépistage, mais ce n’est pas toujours le cas pour les maladies les moins aiguës. L’assurance maladie doit se repenser pour y répondre sans créer de fortes inégalités.

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Enfin, cette crise a démontré l’importance de la prévention et la nécessité d’être en bonne forme physique pour mieux lutter contre les pandémies et les maladies émergentes. Depuis le début de la crise sanitaire, la capacité des technologies numériques à influencer le rapport des personnes à leur santé se manifeste de plus en plus dans leur utilisation quotidienne. Pour les assureurs, cela signifie que leurs rôles d’accompagnement préventif et de prescription doivent être fortement développés, comme la plateforme d’information mise en place en février 2020 par l’alliance numérique contre le Covid-19, puis la plateforme de prévention en santé mentale déployée par Allianz quelques mois plus tard. .

Toutes ces réflexions doivent déboucher sur les adaptations nécessaires qu’il faut mettre en œuvre sans tarder car le Covid-19 n’est pas une parenthèse : les risques épidémiologiques ne s’en vont pas, ils sont plutôt une nouvelle réalité qui va augmenter en fréquence et en intensité à l’avenir, dans laquelle l’assurance a un rôle important à jouer.

Pierre Vaysse est directeur de l’écosystème My Health chez Allianz France