Insuffisance cardiaque : l’assurance maladie appelle à la mobilisation

Afin de mieux dépister l’insuffisance cardiaque, pathologie chronique, et d’améliorer le déroulement des soins, la Cnam lance un plan d’action à destination du grand public mais aussi des professionnels de santé. Il s’agit notamment d’accéder aux équipes soignantes Prado et pluripro spécialisées en cardiologie. Les infirmières jouent ici un rôle clé.

« On ira mieux dans l’insuffisance cardiaque s’il y a une mobilisation collective et une coalition d’acteurs », a plaidé Marguerite Cazeneuve, directrice adjointe de l’assurance maladie, lors d’une conférence de presse. A ses côtés : des représentants de la Cnam, de la Société française de cardiologie, du Collège de médecine générale, d’une association de patients. C’est beaucoup. 1,5 million de Français sont concernés et entre 400 000 et 700 000 ne seraient pas diagnostiqués. Or, l’insuffisance cardiaque dégrade la qualité de vie, représente près de 200 000 hospitalisations, 70 000 décès chaque année et coûte cher.

Aide au diagnostic des signes avant-coureurs

Premier axe : Améliorer les connaissances sur la maladie auprès du grand public, notamment chez les personnes âgées (puisque la prévalence augmente significativement après 60 ans), mais aussi chez les personnes déjà diagnostiquées. Beaucoup n’associent pas les symptômes de cette maladie cardiaque : essoufflement inhabituel, prise de poids rapide, œdème des pieds et des chevilles, fatigue excessive (Epof). Cependant, lorsqu’ils sont isolés, ils ne sont pas spécifiques de la maladie, leur association, leur apparition récente devraient le laisser penser.

Pour aider au diagnostic, l’assurance maladie a lancé le 25 septembre une campagne nationale de sensibilisation aux signes avant-coureurs avec le slogan « Et si ton cœur essayait de te dire quelque chose ? ». Pendant 5 semaines il est rejeté via un spot télé et radio, la presse, des affichages, les réseaux sociaux. Une vidéo sera diffusée dans les pharmacies et salles d’attente des infirmiers, médecins généralistes et kinésithérapeutes. La campagne pluriannuelle s’adresse au grand public. Mais les médecins et les ambulanciers paramédicaux sont également informés de leurs propres rubriques sur Ameli via e-news. En ce dernier trimestre 2022, la Cnam fournira un kit de formation aux infirmières bien placées pour identifier les patients prédisposés à l’insuffisance cardiaque et à la décompensation.

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Cet outil de diagnostic, la Cnam, s’inscrit dans un dispositif plus large : le renforcement d’un parcours de soins en insuffisance cardiaque. Il s’appuie sur plusieurs outils. A commencer par l’outil de diagnostic territorial qui sera mis à la disposition des CPTS, des libéraux et des institutionnels, leur permettant de détecter et de corriger les atypies dans le parcours de soins des patients insuffisants cardiaques. Elle entend notamment tripler le nombre de bénéficiaires annuels du Prado, ce service de retour à domicile des patients hospitalisés – élargi aux insuffisants cardiaques en 2013 – qui vise à fluidifier le trajet de la ville à l’hôpital. Ou pour accompagner la généralisation des équipes infirmières spécialisées en cardiologie sur le terrain, ces équipes multi-professionnelles qui délèguent les tâches des cardiologues aux infirmières avancées ou qui sont bien formées au protocole collaboratif de l’insuffisance cardiaque. Et généraliser la télésurveillance. « Nous avons les moyens d’agir », confirme le Dr. Dominique Martin, Médecin Conseiller à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. Nous avons une ambition partagée, portée par l’assurance maladie avec l’ensemble de ses partenaires, professionnels de santé et associations, de changer la donne. »

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