Joyeux anniversaire Bitcoin (BTC) !!!!

Le 3 janvier dernier, le réseau Bitcoin soufflait la bougie de son 14e anniversaire, et la création des tout premiers bitcoins. Le 3 janvier 2009 est en effet une date à marquer d’une pierre blanche. De la même couleur que le livre blanc publié sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, encore inconnu à ce jour. Depuis cette date avec le premier bloc « Genesis », la révolution technologique du transfert de valeur est en marche, mais le monde ne s’en est pas encore rendu compte. La faute à la résistance organisée qui ne durera pas longtemps contre cette philosophie de décentralisation. Retour sur la cryptomonnaie phare, son origine, son cycle, sa promesse technologique et les polémiques qui ont marqué son histoire.

2009 : l’anniversaire du bitcoin… et de la crise des subprimes

Le 15 septembre 2008, le monde financier s’est littéralement effondré. La méfiance à l’égard des institutions bancaires grandit, et la faillite de Lehman Brothers en fut l’apothéose. Le marché international est en panique totale. C’est dans ce contexte apocalyptique de perte de confiance et de corruption du système bancaire qu’est né le bitcoin (BTC). Tout a commencé par un message, envoyé le 31 octobre 2008 par Satoshi Nakamoto dans un forum réservé aux cypherpunks. « Je travaille sur un tout nouveau système de monnaie électronique peer-to-peer, sans tiers de confiance. » Ce message a précédé la publication du fameux livre blanc sur le site bitcoin.org. Et le message est aussi subliminal qu’explicite : le BTC est une monnaie qui n’est pas sensible à la manipulation par un organisme centralisé. Un mois après cette publication, le premier BTC a été miné le 3 janvier 2009.

2010 : « Bitcoin Pizza Day », autre anniversaire

Il faut neuf mois après la première extraction de BTC pour attribuer une valeur financière à BTC. Au 5 octobre 2009, BTC valait environ 0,001 $. 100 $ investis dans BTC à l’époque valaient 1,7 milliard de dollars au prix BTC d’aujourd’hui (17 000 $ ou plus). L’anecdote de la journée de la pizza BTC montre une évolution exponentielle du prix BTC. Le 22 mai 2010, Laszlo Hanyecz a échangé 10 000 BTC contre deux pizzas d’une valeur de 25 $ chacune. Ces deux pizzas valent près de 170 millions de dollars aux prix d’aujourd’hui. Ce fameux anniversaire marque également la première transaction réalisée en bitcoins.

Le mystère Satoshi Nakamoto

Continuons cette chronologie de l’histoire du BTC avec… la disparition de Satoshi Nakamoto le 12 décembre 2010. Du moins en ce qui concerne la communication, avant le deuxième anniversaire du bitcoin. Satoshi Nakamoto a décidé de confier la clé protocolaire à l’Américain Gavin Andresen. Il a indiqué dans son dernier message qu’il voulait passer à autre chose et garder son identité secrète. Certaines personnalités ont été associées à ce pseudonyme, de John McAfee à Charlie Lee en passant par Adam Balik et Craig Wright. Le mystère Satoshi Nakamoto reste entier, et constitue un critère important de la valeur fondamentale du BTC. Le réseau BTC reste acéphale et, de fait, il est impossible de le torpiller ou de le censurer.

2011 : premiers cas d’usage pour les minorités discriminées

Ce n’est qu’en 2011 que le premier véritable cas d’utilisation du BTC est apparu avec Wikileaks. Cette organisation internationale à but non lucratif se distingue notamment par la diffusion non autorisée de documents confidentiels sensibles. Fondée par Julian Assange en 2006, l’ONG a pour mission de mettre en lumière les lanceurs d’alerte. Les fuites d’informations provenant de sources anonymes ont provoqué de nombreuses controverses et des tentatives d’intimidation au plus haut niveau. En particulier, les ONG sont coupées de toutes les sources de financement centralisées, notamment les banques et les systèmes de paiement. Par conséquent, sa survie ne doit qu’aux dons sous forme de BTC, non censurables par tout gouvernement ou institution bancaire.

Les premiers cas d’utilisation de BTC sont nés de la situation de Wikileaks et des lanceurs d’alerte en général. Cela souligne l’importance de la vie privée pour les minorités discriminées, qui vivent grâce à cette monnaie décentralisée. Il existe de nombreux exemples. Les plus emblématiques sont les participants à la marche pour la liberté à Ottawa, contre l’introduction des passeports santé. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a agi pour bloquer temporairement les comptes bancaires des personnes qui ont contribué financièrement à ces manifestations. On peut parler des femmes afghanes sous le régime taliban ou des vénézuéliennes qui veulent échapper à la crise humanitaire. Sans oublier le plan de libération des comptes bancaires des Iraniennes qui ne veulent pas porter le hijab. En général, l’anti-dictature et la moitié de la population non bancarisée complètent cette liste non exhaustive d’exemples.

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2013 : le BTC comme garde-fou sur les politiques monétaires mondiales

L’anniversaire du bitcoin est l’occasion de se souvenir de l’année 2013 qui a marqué un tournant dans l’histoire du BTC. D’une part, la première réduction de moitié en 2012 a divisé la récompense des mineurs de 50 à 25 BTC par bloc. N’oubliez pas que la réduction de moitié du BTC se produit tous les 210 000 blocs, soit tous les quatre ans. Cette baisse de rémunération a entraîné une pénurie d’approvisionnement en BTC. Le prix est passé de 12 $ à 300 $, à 40 $ et jusqu’à 1 200 $ en quelques mois. BTC a connu son premier véritable marché haussier cette année.

D’autre part, l’adoption du bitcoin par les Chypriotes représente le deuxième cas d’utilisation fondamental de l’utilité sociale du BTC. La crypto-monnaie leader est l’actif financier de choix pour préserver l’investissement des épargnants. Certains Chypriotes ont tout converti en bitcoins, pour se protéger contre la menace des dépôts fiscaux pour sauver les banques. L’exemple de Chypre révèle la réalité de la capitale dans la mission de la CTB. D’une part, le protocole permet l’inclusion des personnes qui continuent de vivre dans l’instabilité de leur système bancaire local. Par exemple, le système bancaire au Liban a fait défaut à la population, suite à la faillite du pays. Le protocole représente également un rempart contre les monnaies fiduciaires en hyperinflation. Les Zimbabwéens, 32% des Nigérians qui utilisent le bitcoin, les Iraniens, les Turcs et les Vénézuéliens peuvent en témoigner.

2014 : l’affaire Mt. Gox

Le 14e anniversaire du bitcoin est l’occasion de parler de deux polémiques différentes qui se produisent autour du BTC. Sa réputation a été entachée pour la première fois de son histoire par le site Jalan Sutra. Ce site a provoqué l’association de BTC à des activités illégales. Cette première plateforme qui permettait d’utiliser le BTC pour régler des achats illégaux a été fermée en octobre 2013.

Basée à Tokyo, la plateforme de trading BTC Mt. Gox a longtemps été le plus grand en termes de volume. Il s’est effondré en 2014 à la suite d’un piratage et d’un détournement de 744 408 BTC. Cette faillite coïncide avec la chute du prix du BTC de 1000$ à près de 200$ au cours de cette année. Cette affaire a encore des répercussions à ce jour, le remboursement du BTC détourné étant envisagé.

2016 : Bitcoin Cash divise la communauté

L’évolutivité de la blockchain BTC a généré la première polémique au sein de la communauté elle-même. Cette composante du trilemme de la blockchain représente en effet le maillon faible du réseau BTC. Cependant, il est important et doit être optimisé pour que le réseau soit un système de paiement viable. Le réseau Bitcoin, cependant, ne peut actuellement effectuer que 7 transactions par seconde.

Deux solutions différentes ont émergé dans la société. La première consiste à augmenter la taille du bloc pour inclure plus de transactions. Cependant, cette alternative oblige les mineurs à mettre à jour leurs machines informatiques. En fait, cela augmente la barrière à l’entrée pour les nouveaux acteurs qui souhaitent également être en charge du réseau. Cela réduit finalement l’impact de la décentralisation, un autre élément au cœur de la philosophie de base de la CTB. Une grande majorité de personnes sont donc favorables à la deuxième solution, qui est le statu quo. La Blockchain de second niveau assurera alors la scalabilité du réseau, sans affecter sa décentralisation et sa sécurité.

Dans ce contexte, Bitcoin Cash (BCH) est né. Cette crypto-monnaie est le résultat d’un désaccord persistant dans la société. Les partisans des minorités augmentent la taille des blocs de la division blockchain en produisant un « hard fork ». La blockchain principale BTC reste inchangée, notamment en termes de taille de bloc. En revanche, la nouvelle blockchain BCH reprend ce changement majeur. Cependant, ce nouveau réseau BCH est encore bien en deçà du réseau principal BTC en termes de capitalisation et d’influence du réseau.

2017 : Second marché haussier, nouveau record de prix

L’année 2017 a définitivement marqué le monde des crypto-monnaies. La deuxième réduction de moitié a été lancée en 2016, divisant à nouveau la récompense des mineurs de 25 à 12,5 BTC. Cela en a fait l’un des plus grands rallyes haussiers que BTC ait vus. Le premier contrat à terme a été lancé le 10 décembre 2017. Ce nouveau produit financier a donné au bitcoin toute son importance et a poussé son prix à 19 891 $, un record historique. Cette année marque également la multiplication des projets cryptographiques. BTC pèse la moitié de la capitalisation totale des crypto-monnaies pour la première fois de son histoire.

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2021 : le Salvador montre la voie

Bitcoin célèbre peut-être sa 14e bougie, mais un autre anniversaire est significatif. Le 7 septembre 2021, Nayib Bukele, le président du Salvador, a adopté le BTC comme monnaie légale, avec le dollar américain. Cette décision historique a naturellement suscité une grande polémique dans les médias, mais elle a contribué au développement économique du pays. En effet, le développement du tourisme, qui représente 10% du PIB national, a dynamisé l’économie salvadorienne. De plus, les activités économiques autour du bitcoin se multiplient, à l’image de la ville futuriste de Bitcoin City. Ce dernier attirera sûrement de nombreux investisseurs étrangers. Cet événement sans précédent reste cependant une expérience ouverte dont les conséquences sont étudiées par de nombreuses autres banques centrales. Le 26 avril 2022, la République centrafricaine était le deuxième pays à suivre les traces d’El Salvador, adoptant également le BTC comme monnaie légale.

2022 : les institutions s’en mêlent, l’hyper bitcoinisation en marche

La dernière réduction de moitié en mars 2020 a vu la récompense pour les mineurs passer de 12,5 à 6,25 BTC par bloc. Après cet événement cyclique, 2021 a été le dernier marché haussier, poussant le BTC à près de 69 000 $. Celle-ci est principalement marquée par l’adoption massive des institutions et des grandes entreprises. En particulier, en février 2021, Tesla a acheté BTC pour 1,5 milliard de dollars. En juin 2021, MicroStrategy a annoncé avoir levé 100 000 BTC.

2022 n’est pas en reste en ce qui concerne l’adoption continue de BTC. En mars 2022, la ville de Rio de Janeiro a annoncé la conversion de 1% de ses réserves en BTC pour se protéger de l’inflation. Exxon Mobil, le plus grand exportateur de gaz et de pétrole aux États-Unis, a annoncé qu’il avait commencé à exploiter le BTC. En avril 2022, Intel a annoncé la création d’une puce optimisée pour le minage de BTC. La société américaine Strike annonce un partenariat avec le plus grand fournisseur de terminaux de paiement pour permettre les transactions avec BTC dans plus de 400 000 magasins aux États-Unis. Au Texas, une initiative d’agriculture minière BTC à énergie solaire a été lancée. Goldman Sachs, la deuxième plus grande banque du monde, accorde pour la première fois des prêts garantis par la BTC.

Enfin, en 2021, le bitcoin a été utilisé pour transférer l’équivalent de 12 000 milliards de dollars, soit 20 % de plus que le réseau Visa. Cette liste d’exemples montre la popularité de BTC ainsi que la croissance actuelle de son taux d’adoption.

Conclusion

La période baissière que nous vivons depuis le début de 2022 est certainement due au nettoyage des écosystèmes. Après le rallye haussier de 2021, elle préfère se débarrasser des projets ou plateformes toxiques et frauduleuses. Mais cela ne doit pas occulter le formidable potentiel révélé par la promesse technologique du bitcoin. Nous pouvons conclure cette liste de jalons en essayant de nous projeter vers le prochain cycle de réduction de moitié en 2024. En plus des entrées futures et des attentes du gouvernement et des grandes entreprises, le taux d’adoption de BTC continuera d’augmenter. Les spéculations s’estomperont de plus en plus au profit de la véritable utilité sociale et fondamentale du BTC. La volatilité va s’atténuer et le BTC remplira enfin son rôle de valeur refuge. La décentralisation changera notre façon de penser la confiance, le transfert de valeur et la propriété de nos actifs numériques. La prospérité des gens augmentera partout dans le monde. Naturellement, les écueils seront nombreux, car l’histoire de BTC n’est pas un long fleuve tranquille. Mais la révolution technologique initiée par Satoshi Nakamoto n’en est qu’à ses balbutiements. Alors… joyeux anniversaire bitcoin !!

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Consultant international en gestion de projet. Ingénieur de formation, détenant une maîtrise en administration des affaires (M.B.A.) et affaires internationales de HEC Montréal. Passionné de technologie et de crypto-monnaies depuis 2016.