La vente de CBD interdite en France : au Havre, tout le monde ne panique pas

Un arrêté publié le 31 décembre 2021 interdit la vente et la consommation de fleurs et feuilles de chanvre brut en France. Les boutiques du CBD du Havre réagissent.

Par Victor Massias

Publié le 10 janv. 22 à 8:02

« Tout le monde va être au chômage »

« Tout le monde va être au chômage »

« C’est une façon spéciale de finir ou une drôle de façon de commencer », pour Cyrille Bjaoui, gérant de Weed Corner, une boutique spécialisée dans la vente de CBD (cannabidiol) au Havre. Pour l’un de ses homologues de la cité Océane, qui souhaite rester anonyme, « c’est un coup dur ».

Le 31 décembre 2021, un arrêté publié au Journal Officiel interdit la vente et la consommation de fleurs et feuilles de chanvre brut. Au Havre, qui occupe la 6e place du classement des plus grandes villes françaises du CBD, les réactions sont diverses. « On est un peu sous le choc », confie un commerçant du CBD du Havre. Tout le monde sera au chômage, nous n’avons pas le choix. La fleur représente 80% de la vente. Tous les magasins CBD fermeront en France. Ce n’est pas seulement en vendant des huiles que nous réussirons à survivre. Les huiles, cosmétiques et boissons représentent 20% de mon chiffre d’affaires. Ça va donner raison aux gens du quartier qui vendent du vrai… »

« Ça ne va pas changer grand chose »

« Ça ne va pas changer grand chose »

Cyrille Bjaoui, lui, ne cède pas à la panique qui semble s’emparer de ses pairs. Il préfère voir ce décret d’un bon œil : « Ça veut dire que ça bouge, que ça évolue. Depuis trois ans, on a déjà beaucoup avancé et ça continue d’aller dans le bon sens. encore précisé avec le décret. Nous demandons que ce secteur soit beaucoup plus encadré. Aujourd’hui, c’est du freestyle total. Des gens qui n’y connaissent rien à ce métier se lancent dedans. Il y a forcément des méthodologies par rapport à ce secteur naissant qui ne sont pas tous en place. »

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Le responsable de Weed Corner estime que la décision n’aura « aucun impact » sur son activité, puisqu’il travaille avec d’autres pays européens que la France. « La seule chose qui dérange, c’est que cela entrave davantage la filière française du chanvre. Sinon, ça ne changera pas grand-chose, assure-t-il. Quoi qu’il en soit, les syndicats montent au créneau, tout un tas de remèdes seront mis en place. Nous sommes des Européens, le droit européen est clair et la France ne peut pas faire autrement. C’est un frein, mais pas l’arrêt de ce secteur ou d’une famille de produits. »

En effet, le syndicat professionnel du chanvre a déjà annoncé qu’il allait déposer un recours devant le Conseil d’Etat. Et puis, en juin 2021, la Cour de cassation avait déjà précisé que la France ne pouvait pas interdire la vente de CBD. « Ce qui est dommage, c’est qu’on a une politique franco-française qui se positionne assez durement ou en tout cas de manière non objective par rapport à ce secteur alors qu’il y a de belles perspectives, poursuit Cyrille Bjaoui. Ce qui pose problème, c’est la sommité fleurie, les fleurs, l’herbe, arguant que c’est un problème de santé publique et qu’aujourd’hui les policiers ne sont pas en mesure de signaler s’ils ont sous les yeux un produit riche en CBD ou en THC. C’est totalement faux. Il suffit de conduire 700 km et d’aller en Suisse. Nous avons les moyens humains et financiers, il suffit d’avoir une réelle envie. La seule chose que révèle le décret, c’est que la France ne veut pas se positionner par rapport à cela. C’est pourquoi je ne suis pas inquiet. »

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