Le CBD, cette machine à « fantaisie » et « amalgame » qui « cristallise les tensions »

EDIT du lundi 1er août 2022 : A partir de ce lundi, la Suisse légalise le cannabis médical. A cette occasion, l’équipe du dessin de 20 Minutes vous propose de relire ce papier du 20 janvier, date à laquelle le Conseil d’Etat a levé l’interdiction de vente des produits du CBD. En France, les essais contrôlés de cannabis à usage médical se poursuivent. Traitant 3 000 patients, il a débuté le 31 mars et est censé durer 24 mois

Le CBD, c’est comme la sélection de Karim Benzema en équipe de France : beaucoup n’en connaissent pas les tenants et les aboutissants, mais beaucoup ont encore un avis là-dessus. Alors quand le Conseil d’État, ce mardi, a ré-autorisé la vente de produits dérivés du CBD, ce sont tous les Français qui ont eu la parole. Les langues se déliaient et chacun y mettait sa petite pensée. Mais pourquoi? C’est juste parce que « l’imaginaire des drogues se retrouve en France, et notamment avec le cannabis : il renvoie à d’autres imaginaires et idées du passé que l’héroïne ou l’ecstasy par exemple », développe Henri Bergeron, directeur exécutif au CNRS et auteur de la Sociologie. de. drogues (La Découverte, 2009).

Contrairement aux drogues dures, le cannabis « fait très partie de la vie quotidienne et de la société, sans parler du soupçon d’insécurité dans les quartiers difficiles », poursuit l’expert, interrogé par 20 Minutes. En effet, lorsque la question revient sur la table, difficile de ne pas voir la polémique monter. Interrogé sur France Inter mardi matin, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin a lui-même révélé le sulfate qui promet de « regretter » la sélection du Conseil d’Etat. « En général, toutes les choses qui relèvent du cannabis, de la drogue, sont mauvaises pour la santé. On n’a pas augmenté le prix des cigarettes à 10 euros pour qu’on puisse accepter l’enregistrement, la dépénalisation du cannabis », a-t-il dit, assurément comblé. avec des clichés bien connus.

« En France, la drogue a tout d’un positionnement partisan »

« En France, la drogue a tout d’un positionnement partisan »

Et cette réflexion « n’a rien de scientifique, mais tout de politique, a fortiori en année électorale », pointe Henri Bergeron. Pour le responsable de la recherche, les partis politiques qui se battent pour la droite ou ceux qui ont un œil sur ces électeurs – comme LREM pour la présidentielle – ne veulent pas jouer l’avantage de la drogue, alors que leurs partisans sont contre. . « En France, les médicaments ont tous le statut : on représente ou contre. Avec la foi et non avec le conflit sanitaire », conclut l’auteur.

Les Français ont donc tendance à ignorer la littérature scientifique de plus en plus actualisée sur le cannabis et à miser sur l’éthique, mettant souvent la charrue avant l’herbe, comme l’explique Zoë Dubus. « Les données sont biaisées », explique un doctorant en histoire moderne dont les recherches portent sur les effets sur la santé associés à la consommation de psychotropes. Il y a une grande attention aux questions d’unité, qui sont principalement reprises par les médias ou les politiques, mais qui relèvent plus des médias que de l’utilisation réelle par le public. Du coup, « la drogue fait parler tout le monde en France parce que c’est une question morale, qui alimente le débat et le pollue d’idées non scientifiques ».

Requiem for a législation

Requiem for a législation

La science est donc véritablement une partie largement oubliée du débat épidermique. Le crime, selon nos experts, et la loi reposent, comme nous l’avons vu précédemment, sur la politique et la culture, plus que sur la science. « Les Français se mettent en place selon la loi existante, qui clarifie le désaccord. Cette loi ne repose sur aucun fondement sanitaire, elle est attaquée ou défendue sans faire appel à la science. Elle n’affecte que le débat », estime Zoë Dubus. doctorant poursuit : « Plus le temps passe, plus il y a de consensus scientifique sur l’usage médical de certains médicaments ou sur la sécurité de certains médicaments. Mais revenir à la loi serait admettre que vous avez fait fausse route pendant des années , ce qui est impossible. »

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Nos deux experts le voient, la lecture scientifique sur ce sujet, nombreuse, difficile. Elle peut être plus frustrante que l’autre et expliquer l’épreuve de contrôle moral, plus accessible et relaxante. Zoë Dubus explique : « Les substances illicites sont moins dangereuses pour la santé que les substances légales, comme l’alcool ou le tabac. Pour se consoler, beaucoup sont tentés de continuer à réfléchir à ce qu’ils pensent pour ne pas déranger leurs principes. »

Il suffit de réécouter Gérald Darmanin pour en être sûr, rapporte Henri Bergeron : « Entre CBD, THC, cannabis récréatif, il est facile de se perdre ou de tout mélanger. Quand on parle de réduction du cannabis pour stimuler la vente de CBD, le ministre de l’Intérieur fait un mélange et une fausse interprétation. Mais qui le verra ? »

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