Le ministre de la Santé, François Braun, moqué lors de la manifestation des médecins libres

Les médecins libéraux sont descendus dans la rue jeudi, avec une forte demande pour un doublement des honoraires de consultation, pour correspondre à la moyenne européenne. Le ministre de la Santé François Braun est allé à leur rencontre à l’issue de la conférence à Paris.

Communications complexes. A Paris, Toulouse, Rennes, Marseille ou encore Nantes, des milliers de médecins libéraux ont fermé jeudi leurs cabinets pour descendre dans la rue et réclamer une hausse de prix. Le ministre de la Santé, François Braun, est allé à leur rencontre à l’issue de la conférence à Paris, et a été pris à l’écart par les combattants.

« On a besoin de plus de médecins, de dermatologues, d’ophtalmologues (spécialistes), de cardiologues (spécialistes), de médecins généralistes », a interpellé l’un des médecins présents. « Eh bien, ‘nous devons juste le faire’. Comment fait-on ? Mais comment fait-on ? », a répondu le pasteur.

Doublement du prix de la consultation

Ce dernier a expliqué ce que le gouvernement avait fait pour soulager les médecins, notamment la fin du « numerus clausus ». « Pipeau », a répondu la foule, acclamant l’ancien urgentiste.

Les 110 000 indépendants en action souhaitent notamment le doublement de l’indemnité de négociation, de 25 à 50 euros, pour mieux correspondre à la moyenne européenne, qui est d’environ 45 euros.

« Cinquante euros peuvent sembler complètement fous, mais c’est un point proche de la moyenne européenne » des frais de négociation, environ 45 euros, argumente ainsi à l’Agence France-Presse (AFP) Jérôme Marty, de l’organisation UFML. Selon le dernier, « 75% à 80% » des bureaux sont fermés jeudi.

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« Disons que l’action a 50 euros, ça peut être 50 euros selon le niveau de complexité », a assuré l’un des manifestants au ministre de la Santé.

Les syndicats présentent la hausse des prix comme une « préoccupation séduisante » face à la médecine surchargée de la ville, submergée par la bureaucratie pour saper les soins, et n’attirant plus les jeunes. La souffrance plombe le quotidien des médecins.

Vers une grève illimitée dès le 26 décembre?

Avant de quitter l’émission, les finalistes ont promis aux médecins libéraux qu’ils les accueilleraient. Les négociations avec l’Assurance maladie, en vue d’un nouvel accord pour les cinq prochaines années, sont toujours ouvertes.

Interrogé par l’AFP, le patron de l’Assurance-vie Thomas Fatôme, a confirmé son intention de « proposer des réformes » dans le cadre de la consultation, mais souhaite aussi « répondre aux attentes des citoyens » concernant l’accès aux soins. Or, doubler à 50 euros coûterait 7 milliards d’euros à la Sécurité sociale, alors qu’avec les différents forfaits versés aux médecins, ceux-ci perçoivent déjà en moyenne 35 euros à chaque démarche.

Le groupe de jeunes « Médecins pour demain », qui a lancé ce mouvement et fédéré les syndicats dans sa cause, appelle déjà à une « grève difficile et illimitée », à partir du 26 décembre, si leurs besoins restent sans réponse.