Légalisation du CBD : le grand soulagement des commerçants Ariejo

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Ce jeudi 29 décembre, le Conseil d’État a annulé un règlement gouvernemental interdisant la vente de fleurs et de feuilles de CBD. Une décision claire qui rassure les spécialistes du secteur ariégeois.

Le jeudi 29 décembre 2022, le Conseil d’État a abrogé le règlement gouvernemental de fin décembre 2021 interdisant la vente de fleurs et de feuilles de chanvre de la molécule non psychotrope du chanvre, le cannabidiol (CBD), après avoir déjà suspendu le cannabis il y a un an.

Légalisation qui rassure les spécialistes du département de l’Ariège. En son cœur de Foix, boutique Lily Weed dans le CBD, Gaétan Painchault dit se sentir « soulagé » en effet, même si le CBD ne représente qu’une petite partie de son chiffre d’affaires. « Malheureusement, de nombreux clients ont arrêté leur consommation traditionnelle de CBD à cause de ce décret», regrette-t-il, avant de poursuivre  : « Je pense que c’est très mal pour ceux qui ont investi de l’argent entre Noël et le Jour de l’An. » À deux pas, le magasin Suitsumaja le manager Eric s’enthousiasme : « C’est fou qu’ils nous dérangent avec ça si ce produit n’est pas addictif.  »

L’abrogation permet désormais aux commerçants de sortir des limbes juridiques, mais ils ne sont pas surpris. « Nos feuilles et fleurs de chanvre ont un taux de THC inférieur à 0,2 %, donc à la limite légale de 0,3 %. Le gouvernement n’avait aucune preuve des effets du CBD sur la santé, alors ils reculent, cette loi n’est pas justifiée », explique Marie. Dunac, gérante du magasin Satyva CBD à Pamiers avec son mari. « Les fleurs de CBD représentent 60% de nos ventes », précise-t-il. Bien que les avocats du groupe Satyva aient souvent rassuré le couple, ils ont tout de même dû suspendre les ventes de CBD pendant une semaine en raison de saisies de gendarmerie. « Au début, les gens achetaient beaucoup parce qu’ils avaient peur qu’ils soient contrôlés ou qu’il soit coupé du jour au lendemain », avoue le couple.

«  On travaillait dans le flou  »

Cette légalisation devrait donc donner un nouvel élan aux commerçants ariégeois. «  Nous avons une clientèle qui ne cesse de croître, environ 30 nouveaux clients s’ajoutent chaque mois, notamment des personnes âgées souffrant d’arthrose », hallucine encore Marie.

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«  Nous avons des clients âgés de 25 à 80 ans, notamment en ce qui concerne les huiles », explique Kelly Vienne, responsable du magasin Indika Vape à Lavelanet. Une clientèle de plus en plus éclectique, qui s’explique par les nombreuses caractéristiques du CBD. «  Il peut agir comme antioxydant, anti-inflammatoire, antidépresseur. Il fonctionne également pour le stress, l’insomnie, sans dépendance », énumère Kelly.

Plantes, gaufrettes, thé, huiles, baume, tisane ou encore vaporette, le CBD se trouve même sous toutes les formes… Une vingtaine de clients par jour. Depuis jeudi dernier, ils sont nombreux à défiler dans sa boutique. Mais il y a un an, quand le gouvernement distillait ce décret pendant les vacances, il était difficile pour le dealer de s’imaginer  : «  On était stressé, on travaillait dans le noir, sans savoir ce qui allait se passer ».

Ce décret a même mis un frein à ses activités et au projet d’ouvrir d’autres magasins sur le territoire. «  Cela faisait peur aux gens parce qu’ils ne connaissaient pas très bien le produit. C’est pourquoi il est important de prendre le temps d’expliquer, surtout à ceux qui ont une maladie cardiaque, car ils ne peuvent pas le prendre. » Kelly et son mari travaillent également régulièrement avec des professionnels de la santé.