Nouveau gouvernement : Parmi les ministres reconduits, promotions et déceptions

POLITIQUE – Du renouveau, mais pas trop. Sur les vingt-huit responsables politiques qui composaient le premier gouvernement d’Elisabeth Borne, quatorze, soit la moitié, étaient déjà présents sous Jean Castex. Marlène Schiappa, Julien Denormandie, Jean-Michel Blanquer comptent parmi les principaux hors-la-loi de la vague qui fait la part belle aux poids lourds du premier quinquennat.

Et entre autres, tout le monde n’est pas logé dans le même bateau. Entre promotions, avancées dans l’ordre protocolaire ou espoirs déçus, la première mouture de ce gouvernement apporte, outre des nouveaux venus ou des profils que l’opposition a déjà ciblés, son lot d’enseignements. Enquête auprès des survivants.

Les promus

Les promus

Emmanuel Macron et son premier ministre ont choisi de promouvoir toute une génération qui semble les avoir convaincus ces derniers mois. L’exemple le plus éloquent est sans doute du côté de Gabriel Attale, le plus jeune du gouvernement. L’ancien secrétaire d’État chargé du lancement du Service national universel, devenu porte-parole du gouvernement en juillet 2020, a remporté un ministère (délégué) chargé des comptes publics.

Le budget à 33 ans est le premier… et la promesse d’un potentiel tremplin. Un regard sur la liste des responsables qui occupaient auparavant ce poste clé – de Gérald Darmanino, à Bernardo Cazeneuve, en passant par Valéria Pécresse, François Baroin, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac – permet de comprendre.

Dans ce jeu de chaises musicales, Olivia Grégoire (43 ans) le remplace comme porte-parole. Un grand rôle pour celui qui occupait jusqu’ici le poste de secrétaire d’Etat à l’Economie sociale et solidaire.

Dans le même ordre d’idées, Olivier Dussopt, passé du budget au ministère du Travail, Marc Fesneau, qui a quitté les Relations avec le Parlement pour l’Agriculture, ou encore Brigitte Bourguignon, qui a repris tout le portefeuille de la santé après s’être consacrée à l’autonomie, peuvent se targuer d’excellente promotion. Tout comme Sébastien Lecorn, qui devient le plus jeune ministre des armées après avoir été ministre des affaires étrangères.

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Les confortés

Les confortés

Outre ces changements de postes et de statuts, Emmanuel Macron et Elisabeth Borne ont surtout opté pour une large continuité dans les rôles clés. Avec des poids lourds réconfortés.

C’est le cas, par exemple, de Bruno Le Maire. L’ancien directeur exécutif républicain, ministre lors de son premier quinquennat, voit son portefeuille (déjà conséquent) s’étoffer. Désormais numéro deux du gouvernement – il était cinquième jusqu’ici -, le ministre est en charge de l’économie, des finances, de la souveraineté industrielle et du numérique. Son collègue de l’intérieur, Gérald Darmanin, reste, quant à lui, place de Beauvau… et grimpe lui aussi dans l’ordre protocolaire (du numéro 5 au numéro 3).

Même mouvement, quoique plus surprenant, pour Eric Dupond-Moretti. Le dépositaire du sceau, souvent cité dans son départ, a été rétabli dans ses fonctions malgré des relations conflictuelles avec les syndicats et sa délicatesse avec la Justice. Il est soupçonné d’avoir utilisé sa position pour traiter avec les juges des délits avec lesquels il a eu des problèmes alors qu’il était avocat dans deux affaires. L’ancien ténor du barreau est même passé du onzième du protocole au quatrième. Ce n’est pas si anodin pour celui qui a remporté la campagne d’Emmanuel Macron, avant qu’il renonce à se présenter aux législatives.

Les espoirs déçus

Les espoirs déçus

Dans ce contexte, et à l’heure où le président de la République espère insuffler une nouvelle méthode, il fallait être déçu pour laisser la place à de nouveaux visages. Selon Le Parisien, Gabriel Attal et Clément Beaune ont « constamment voulu » le ministère des Comptes publics, notamment en raison du tremplin qu’il représente. Cette position a été âprement disputée, écrit le journal… et perdue face au « seigneur de l’Europe » Emanuel Macron, qui ne cache pas son désir de prendre la responsabilité de Macroni.

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Malgré tout cela, la déception reste relative puisque l’ancien conseiller d’Elisée conserve le portefeuille des affaires européennes, qui devient un ministère. Ainsi, tous les mercredis, il pourra s’asseoir à la table du Conseil des ministres, qui en était le secrétaire d’État jusqu’à présent.

Olivier Véran reste. L’ancienne ministre de la Santé est celle qui perd le plus de plumes entre le gouvernement Castex et le gouvernement Elisabeth Borne. « J’ai été ministre de la Crise sanitaire pendant deux ans. « Maintenant, j’aimerais être ministre de la Santé à plein temps », a-t-il déclaré à L’Obs en mars dernier. Hélas, il sera finalement chargé des relations avec le parlement et de la vie démocratique.

Le neurologue de formation perd son plein service, au profit de Brigitte Bourguignon, et se cantonne au rôle de ministre déléguée Elisabeth Borne. Moins méchant, sans doute, pour celui qui « s’est battu avec XXL » et s’est même « roulé par terre pour obtenir quelque chose », selon plusieurs sources dans les colonnes parisiennes, alors qu’il était initialement censé remplir les rangs des ratés.

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