Pourquoi grossit-on ?

Alimentation, activité physique, génétique, stress, médicaments, manque de sommeil… Le gain pondéral est multifactoriel. Nathalie Negro, diététicienne, responsable d’un Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains, fait le point sur les mécanismes qui nous mènent à la prise de poids.

Nous ne sommes pas égaux face à la prise de poids. Deux personnes suralimentées sur une période de temps – ayant exactement la même alimentation et la même dépense énergétique – ne prendront pas forcément autant de kilos ! Cette injustice s’explique principalement par la génétique. Les chercheurs ont en effet identifié des gènes pouvant influencer le contrôle de la prise alimentaire, la dépense énergétique ou encore le métabolisme des glucides (sucres) et des lipides (graisses). Outre la génétique, notre environnement joue, bien sûr, un rôle important : une alimentation non structurée – manger tout au long de la journée, par exemple – riche en calories, trop grasse, trop salée, trop sucrée fait monter l’aiguille sur la balance. De même, nous savons tous que le manque d’activité physique et la sédentarité favorisent la prise de poids. Car une chose est sûre, à l’origine du poids, il y a toujours un déséquilibre énergétique : apport calorique supérieur à la dépense énergétique.

Femme stressée au travail – Source : spm

L’impact du stress

L’impact du stress

Le stress chronique peut aussi nous faire grossir. En réalité, ses effets sont très variables. Certaines personnes stressées perdent du poids. D’autres, au contraire, gagnent. « Cela dépend de facteurs génétiques. Les personnes qui prennent du poids à cause d’un stress chronique auront une augmentation d’un neurotransmetteur (une substance chimique libérée par un neurone) appelé neuropeptide Y (NPY). Ce dernier ouvre l’appétit et joue un rôle anxiolytique. Ils vont montrent également une augmentation du cortisol (hormone du stress) le matin.Cela se traduit par une accumulation de masse grasse dans l’estomac, une augmentation de l’appétit, une moindre dépense énergétique de l’organisme.Et une modification du microbiote : la paroi interne du l’intestin devient perméable, ce qui va laisser passer certains facteurs inflammatoires dans la circulation sanguine. Or, le surpoids est lié à une inflammation générale de l’organisme », explique Nathalie Negro, diététicienne et responsable du Centre Nutritionnel des Thermes de Brides-les-Bains.

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Un besoin de sérénité et sécurité

Un besoin de sérénité et sécurité

Lorsque nous sommes stressés dans la durée, de manière chronique, nous avons également tendance à compenser cet état en adoptant une alimentation riche en sucre et en graisses. « Ces deux aliments sont hyperénergétiques. Ils permettent au cerveau de produire plus d’endorphines et de sérotonine : deux hormones bien connues pour nous calmer », précise Nathalie Negro. La dépression peut aussi stimuler une alimentation excessive. Outre les facteurs psychologiques, la nourriture peut être vécue comme un gage de sécurité émotionnelle. Ainsi, certaines personnes mangent pour se nourrir, mais aussi pour se sentir bien. Manger leur apporte la paix. Les personnes qui ont vécu un manque de nourriture ou d’affect peuvent relier ce manque à la nourriture.

Manque de sommeil – Source : spm

Halte au manque de sommeil et de tabac

Halte au manque de sommeil et de tabac

Autre facteur de prise de poids : le manque de sommeil. L’augmentation de l’appétit est perceptible chez les personnes qui se trouvent dans cette situation. Les personnes qui travaillent la nuit en sont un bon exemple. Arrêter de fumer favorise également la prise de poids. La nicotine active le circuit de récompense dans le cerveau. Résultat : fumer réduit l’appétit. « Il augmente aussi le métabolisme de base, c’est-à-dire la dépense énergétique quotidienne minimale permettant à l’organisme de survivre au repos », assure Nathalie Négro. En général, arrêter de fumer entraîne une prise de poids. « Dans la majorité des cas, la personne retrouve son poids normal. En moyenne, elle prend environ 4 kilogrammes. De plus, il faut arrêter l’idée reçue selon laquelle fumer aide à réguler notre poids. Ce n’est pas du tout le cas. dit Nathalie Négro.

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Pratiquez une activité physique régulière !

Pratiquez une activité physique régulière !

Pour rester en forme et ne pas prendre de poids, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’environnement, de la nutrition et du travail (Anses) conseille aux adultes de pratiquer trente minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée. monter des escaliers, etc.) au moins cinq fois par semaine, en évitant deux jours consécutifs sans activité.

Cette activité doit développer la forme cardio-respiratoire ou l’endurance. Idéalement, il doit être associé à des séances de renforcement musculaire des bras et des jambes (1 à 2 fois par semaine) – gymnastique, haltères, rameur, port de charges lourdes… Mais aussi des exercices souples comme le tai chi, le golf, le yoga, le stretching. … deux à trois fois par semaine

Environnement, hormones et médicaments : dangers !

Les polluants et les perturbateurs endocriniens sont également en cause. Dans ce contexte, une distinction est faite entre les Polluants Organiques Persistants (POP), dont la majorité sont interdits, et les non persistants comme les phtalates ou le bisphénol, une substance chimique utilisée pour fabriquer les plastiques. « Ces perturbateurs endocriniens ont des effets différents selon le sexe et l’âge de la personne. Ils peuvent notamment augmenter le nombre d’adipocytes (cellules graisseuses) et entraîner une inflammation dans l’organisme », note Nathalie Négro.Une autre cause connue de prise de poids c’est la ménopause. Une diminution du taux d’oestrogène entraîne une augmentation de l’appétit. En général, les femmes prennent de deux à trois kilos pendant cette période. Enfin, la prise de certains médicaments peut nous faire grossir en augmentant notre appétit, en créant des envies de sucre ou en diminuant notre métabolisme de base C’est par exemple le cas des antidépresseurs, des antipsychotiques, de certains antidiabétiques, des antihypertenseurs, des corticoïdes, des bêta-bloquants, des antirétroviraux utilisés dans le traitement du SIDA et des traitements contre l’infertilité.

L’effet de ces médicaments diffère pour chaque patient. Et toute augmentation de poids doit être discutée avec le médecin.

Perdre du poids – Source : spm

3 conseils nutritionnels clés

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