Près de Ploërmel, Quentin et Lucas cultivent du chanvre, la plante à la base des produits CBD

Dans les environs de Ploërmel, Quentin Beauvais et Lucas Mutzig ont démarré une agriculture particulière : le chanvre, utilisé comme base pour les produits CBD.

Par Wilhem Lelandais-Foyer

Publié le 23 juil. 22 à 21:18

Connaissez-vous le chanvre ? Si cela ne vous dit rien, le mot marijuana peut vous rappeler d’autres souvenirs.

Plus ou moins la même. Le chanvre est le mot français que nous utilisons pour toute l’industrie. Le cannabis est une racine latine, et c’est une plante qui permet un usage récréatif.

Le cannabis récréatif interdit, le CBD autorisé

Le cannabis récréatif interdit, le CBD autorisé

Les deux font partie de la même espèce et la principale différence est la concentration de tétrahydrocannabinol, mieux connu sous le nom de THC. la molécule responsable des principaux effets psychoactifs du cannabis. « En France, cette concentration ne doit pas être supérieure à 0,3 % dans la plante », précise Quentin Beauvais, chanvrier dans l’état de Ploërmel (Morbihan).

Ce qui, de fait, rend illégale la production ou la consommation à des fins récréatives (ce qui nécessite la culture de cannabis à une concentration supérieure à 10%).

En revanche, les produits « Bien-être » au CBD, une molécule différente du THC également présente dans le chanvre mais relaxant mais non psychotrope, sont autorisés.

Des bonbons, de l’huile… c’est ça le truc !

Un appel d’offres

Un appel d’offres

Avec, toujours, comme condition, une très faible concentration de THC.

Si l’homme de 36 ans en sait long, c’est uniquement parce qu’il a décidé de se lancer dans la culture du chanvre avec son frère, Lucas Mutzig. Ils ont sauté le pas en 2020, après le retour de Lucas d’Australie, où il vivait depuis un an, pour retrouver sa famille au milieu d’une crise sanitaire.

À Lire  Spot Beauté : Maison Kkot, l'espace pour chouchouter le corps et l'esprit

Je travaille à la ferme là-bas et j’adore l’agriculture.

Quentin et sa compagne Marine Lemaitre ont une boutique à Ploërmel qui propose des produits CBD, des molécules.

Nous sommes conscients qu’il y a une pénurie de matières premières.

Convaincre les élus

Lui et Lucas ont alors décidé de résoudre le problème et ont commencé à cultiver eux-mêmes du chanvre. « Il y a eu cet appel d’offres à Val d’Oust, on y a répondu et on a été retenus », se souvient Lucas.

Et ça ne prend pas forcément d’avance.

Il faut convaincre les élus, et le problème c’est qu’il y a encore beaucoup de préjugés sur le chanvre.

12 000 pieds plantés à la main

12 000 pieds plantés à la main

Heureusement pour leur future entreprise, Quentin et Lucas ont trouvé en face d’eux une équipe municipale « très structurée et ouverte », qui leur a donné le feu vert. Il ne reste plus qu’à tout cultiver !

Mais ce n’est pas facile, l’erreur « erreur de débutant », que les deux hommes ne répéteront pas.

Résultat, sur quatre hectares de plantations, seuls 2,5 sont un bon départ.

Nous avons planté environ 12 000 plants, si au final nous pouvons en récolter 6 500, c’est super.

Autant de défaites, mais il faut aussi dire qu’ils ont été choisis pour leur propre handicap.

Le chanvre, culture écologique ? 

Le chanvre, culture écologique ? 

Nous ne voulons pas utiliser de combustibles fossiles pour cultiver tout cela.

En conséquence, 12 000 pieds ont été enterrés à la main, sous le soleil de plomb. « C’est pendant la canicule, il nous faut quelques jours. »

La ligne écologique qu’ils ont décidé de garder malgré les difficultés, et la réalité dans la continuité de la culture du chanvre, explique Lucas.

À Lire  VIDÉO. CBD : un business en plein essor et le paradoxe français

Un hectare de chanvre capte plus de CO2 qu’un hectare de forêt (environ deux fois plus, ndlr) et en plus c’est une plante qui nettoie très bien les sols. »

Une caractéristique loin d’être négligeable, à l’heure où l’on parle de plus en plus de transition écologique.

Laisser un commentaire