Santé mentale : « Il faut sortir de cette situation qui condamne des millions de nos concitoyens à souffrir de leur maladie »

La santé mentale reste « le parent pauvre de notre système de santé », regrette, dans une tribune au « Monde », un collectif de spécialistes de l’innovation dans ce domaine. Ils invitent les acteurs privés et publics à se mobiliser comme ce fut le cas pour le plan Cancer en 2003.

Publié aujourd’hui à 06:00, mis à jour à 09:31 Temps de lecture 2 min.

La santé mentale est le sujet du 21e siècle. Et pourtant, les maladies qui y tombent restent cachées et stigmatisées. Déjà première cause de handicap dans le monde depuis 2020, ces troubles – notamment anxio-dépressifs et cognitifs – ont fortement augmenté avec la crise liée à la pandémie de Covid-19. Ils ont particulièrement touché les jeunes et risquent d’avoir un impact durable sur l’avenir de nos sociétés. Les coûts sociaux et économiques de ces pathologies sont considérables : une espérance de vie réduite de quinze à vingt ans, et, en France, les premières dépenses d’assurance maladie, devant les cancers et les maladies cardiovasculaires, avec une dépense directe et indirecte de 160 milliards. euros par an.

Cependant, la santé mentale demeure le parent pauvre de notre système de santé. La recherche, qu’elle soit privée ou publique, ne répond pas suffisamment aux besoins. Le financement de la recherche publique en psychiatrie ne représente que 2 à 4 % du budget de la recherche biomédicale en France, l’un des plus bas des pays européens, quatre fois inférieur, proportionnellement, à celui des États-Unis. Quant à la recherche industrielle, elle estime que ce domaine reste trop risqué et s’y implique peu.

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Il en va de même pour les carrières médicales : près de 30 % des postes de psychiatre sont vacants en France. Et la maladie mentale est probablement l’un des derniers tabous sociaux. La parole n’a pas encore été dégagée à ce sujet. Les personnes vivant avec un trouble psychiatrique sont stigmatisées et n’osent toujours pas parler de leur handicap.

Un combat à gagner

Il est temps de sortir de cette situation qui condamne des millions de nos concitoyens à subir leur maladie plutôt qu’à la combattre, avec un arsenal thérapeutique largement insuffisant. La science et la technologie, par l’innovation qu’elles apportent, offrent aujourd’hui des opportunités sans précédent qu’il faut saisir sans tarder pour améliorer la prévention, le traitement et la prise en charge des malades.

En 2003, le premier plan Cancer puis les suivants ont permis de structurer la communauté scientifique française autour de thématiques communes. Les progrès sont alors fulgurants : entre 1990 et 2015, le taux de survie a augmenté de 21 points pour le cancer de la prostate, 9 points pour le cancer du sein et 11 points pour le cancer du poumon. Au-delà, c’est l’image du cancer qui a radicalement changé. Une maladie taboue est devenue une bataille à gagner.

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