Surf, yoga et fiesta : un package pour conquérir le cœur des jeunes urbains et apprenants

Reportage « Nouveaux vacanciers » (5/6). Dans les Landes, un « surf camp » de l’UCPA attire une clientèle de trentenaires urbains et de diplômés. Initiés ou débutants, ils partagent une fascination pour l’imaginaire lié au surf, son art de vivre et sa dimension écologique.

« Avez-vous déjà été offshore ? La question peut sembler anodine, mais en surf elle ne l’est jamais, car elle détermine immédiatement votre niveau. C’est ainsi que débutent les « séjours full surf » et « surf yoga » organisés par l’UCPA à Soustons, petite station balnéaire de la côte landaise, connue pour la qualité de ses vagues. Pour « passer la barre », le point où les vagues commencent à déferler, mieux vaut déjà avoir quelques heures de surf au compteur, surtout dans les eaux tumultueuses de cette partie de l’Atlantique. Marion et Chloé, 34 et 28 ans, n’en ont pas. Ils font leurs débuts sur un panneau en mousse rose fluo pour la première fois – les détails sont importants pour les histoires et les réalités sur Instagram. « Il y a cette liste de choses que je veux faire dans la vie : le surf en fait partie », explique Marion Bouchez, orthophoniste d’Amiens basée à Paris.

Enfilez une combinaison moulante en néoprène, portez votre planche de surf au-dessus des dunes, enfilez le leash, mettez de la crème solaire, dévalez les petites vagues – « la mousse » – ou « passez la barre » pour les plus aguerris, combattez les remous et les courants, passez une quelques secondes debout sur sa planche… Le surf est une expérience globale qui fait rêver et peut devenir très addictive.

Un marché en pleine croissance

Un marché en pleine croissance

Comme Marion et Chloé, ils sont soixante-dix, âgés de 24 à 40 ans, qui se sont inscrits fin mai au Surf Camp du week-end de l’Ascension. Majoritairement des cadres, des trentenaires, des urbanistes et des diplômés d’un bac+5, qui ont déboursé 480 euros pour un séjour de quatre jours, un forfait comprenant l’hébergement, le buffet, mais aussi l’ambiance, dite festive, dans ces « colonies ». des vacances » pour les adultes, un secteur en pleine croissance. La fréquentation du site de Soustons a augmenté de 27% entre 2010 et 2019, avec une forte progression des offres 4 jours (+59%). « La mode du surf est bien établie depuis trente ans. Mais avec la crise sanitaire, tous les sports de plein air comme le surf, l’escalade, la randonnée, le vélo ont eu la cote », explique Julien Thélu, responsable des activités sportives pour la Nouvelle-Aquitaine.

En 1987, lorsque l’UCPA lance son premier séjour dans les Pyrénées-Atlantiques, dans la petite station balnéaire de Ciboure, le surf est encore perçu comme une activité dangereuse, réservée à quelques chanceux. Depuis, c’est « un sport qui vend tout et n’importe quoi, il suffit de regarder les annonces : un parfum, une voiture, lié à un internaute, ce sont les ventes qui décollent », précise Julien Thélu. Sur les applis de rencontres, les planches et les combinaisons sont devenues des accessoires pour les profils « cool », selon Marion Bouchez.

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