Véronique Eyraud, Urbanis Aménagement : « L’important est de se sentir dans le lieu qui lui appartient et d’aider chacun à le trouver »

Entreprise à domicile Véronique Eyraud, Urbanis Aménagement : « L’essentiel est de se sentir à sa place et d’aider chacun à la trouver »

Intervenir dans l’éradication de l’habitat inadapté confronte Urbanis Aménagement à des situations souvent éprouvantes. Véronique Eyraud, sa directrice opérationnelle, fait de QVT le fil conducteur de toute sa démarche managériale.

Economie Publié le 23 décembre 2022 à 09h00, Propos recueillis par Jean-Christophe BARLA

Les Nouvelles Publications : Quelles sont les missions d’Urbanis Aménagement ?

Véronique Eyraud : Urbanis a été fondée il y a plus de 40 ans à Nîmes. Elle s’est développée avec douze agences et filiales régionales, dont Urbanis Aménagement, pour agir dans l’éradication de l’habitat inadapté, fondamentale à Marseille. Nous acquérons des immeubles, nous intervenons sur ceux-ci et donc sommes conduits à l’expropriation par des propriétaires peu scrupuleux, réinstallant des habitants.

Vos collaborateurs exercent des missions potentiellement difficiles. Comment appréhendez-vous la qualité de vie au travail ?

Urbaniste de formation, je veille à ce que ma gestion corresponde à qui je suis intimement. Je suis récemment devenu animateur en intelligence collective. Par exemple, je mêle des personnes extraverties et inventives, mais peu organisées, à d’autres plus rigoureuses, pour structurer une équipe homogène, où chacun apporte sa part au collectif.

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Le « sens du travail » se trouve-t-il plus facilement quand on lutte contre l’habitat indigne ?

Quelqu’un qui travaille avec nous vient en fait pour « ce sens », mais ensuite il faut trouver le bon équilibre entre ce que la communauté nous demande de faire, ce qu’on aimerait faire, et ce qui est réellement fait, avec les moyens qui sont donnés à nous Mon rôle est d’aider mon équipe à prendre du recul tout en l’incitant à imaginer des solutions innovantes.J’ai relevé dans mes recrutements récents le besoin plus fortement exprimé de concilier vie privée et vie professionnelle. Nous devons entendre ce que les jeunes nous disent…

Vous avez mis sur pied des séances de sophrologie. Dans quel but ?

Pour apprendre à gérer le stress. Nous avons déjà expérimenté le yoga. L’atelier découverte était offert en groupe. Ces techniques peuvent être très utiles.

Votre approche est-elle déclinée et déclinable sur le reste du groupe ?

Chacun gère selon sa personnalité, mais, en tant que membre du conseil d’administration d’Urbanis, je suis la référence nationale pour mener le défi « bien-être ». Il permettra à chaque entité régionale de proposer des projets innovants favorisant le bien-être au travail, avec le soutien financier du groupe.

Est-ce que la mission du manager n’est pas alourdie par ces enjeux ?

Il est important pour moi que chacun se sente bien et détendu dans son travail. Ce n’est pas au détriment de la performance, car les gens s’entraident, sont plus motivés. Aujourd’hui, vous ne pouvez plus gérer du personnel sans y être formé et sans en avoir l’envie et les qualités, au risque de vous exposer psychologiquement à des situations gênantes pour vous ou les autres. On peut être expert dans son métier, s’y épanouir, sans devenir manager ! L’essentiel est d’être à sa place. J’ai ce sentiment pour moi parce que j’aime gérer les gens, et j’aime faire ressortir le meilleur de mes gens !

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Le conseil du chef : « Aujourd’hui, on ne peut plus manager du personnel sans y être formé et sans avoir l’envie et les qualités de l’être, au risque de s’exposer psychologiquement à des situations inquiétantes pour soi ou les autres. ».