Vers une augmentation significative de la rémunération des kinésithérapeutes

Posté le 6 décembre. 2022 à 16:07 Mis à jour le 6 décembre. 2022 à 19:02

Les médecins pourraient voir leurs salaires augmenter « de manière significative » à partir de l’année prochaine, selon Medicare. Celle-ci prévoit de mettre le prix de la première consultation à 18 euros contre les 16 euros minimum aujourd’hui en échange du renforcement des règles de placement des experts considérés comme « clés » dans l’accompagnement des personnes âgées.

Voilà près d’un an que l’Assurance-maladie négocie avec les kinésithérapeutes libéraux un « fix » au contrat les liant à la Sécurité sociale. S’il a récemment ouvert un dialogue en douceur avec les médecins sur leurs revenus, il a sifflé la fin des querelles avec les kinés en leur prodiguant un ultime conseil le week-end dernier. La proposition est discutée par les représentants de quelque 73 000 kinésithérapeutes libéraux.

« Des revalorisations historiques »

« Personnellement, je pense qu’il faut y aller. Il y a une réforme historique prévue », a déclaré Sébastien Guérard, président de l’association Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes de rééducation (FFMKR). La dernière mise à jour majeure remonte à environ 10 ans. « Historique », ce mot est également repris par l’Assurance-maladie pour qualifier l’enveloppe mise sur la table – 530 millions d’euros – à savoir celle prise en charge par les prestataires de soins.

Cette enveloppe ne sert pas qu’à augmenter le coût de l’acte type et d’autres mesures déjà en place à un moment où l’inflation bat des records. Face au vieillissement de la population, l’idée est de renforcer le rôle des kinésithérapeutes dans la prise en charge de la prévention et de la perte d’autonomie. En effet, l’assurance-maladie propose de rémunérer les kinésithérapeutes pour le « repérage de la fragilité » des personnes âgées. Il recommande également de payer directement la réadaptation des enfants gravement handicapés.

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En échange, Medicare veut avoir plus de contrôle sur le placement des kinésithérapeutes. Sachant qu’aux yeux de la Sécurité sociale, ces professionnels peuvent être de plus en plus nombreux (+ 20 % en six ans), ils ne sont pas bien répartis dans la collectivité ou ont une présence suffisante à l’hôpital ou dans les structures médicales. .

Deux ans dans les déserts médicaux

Depuis 2018 déjà, les physiothérapeutes ne peuvent vivre nulle part. Cette politique a « payé » mais pourrait ne plus s’appliquer, selon Medicare. Alors il décide de rajouter des endroits où il doit remplacer un collègue pour qu’il puisse « mettre son assiette ». « Pour 48% des kinésithérapeutes, on n’est plus capable de s’ajuster quand on veut, comme on veut », explique Sébastien Guérard.

Par ailleurs, l’assurance-maladie entend obliger les jeunes diplômés à entamer une formation de deux ans dans un désert médical (« zones sans ressources » ou « à faibles ressources ») ou dans un hôpital ou un établissement médico-social. Cette loi, qui confirme la volonté du gouvernement d’inciter les pharmaciens à terminer leur formation dans le désert médical, s’appliquera aux étudiants qui débuteront leur cursus en 2023.

« C’est la première fois que la profession de santé accepte d’aller loin dans la loi », explique le chercheur du dossier.

Un congrès extraordinaire ce samedi

Même s’ils hésitaient à parler de numerus clausus, les kinésithérapeutes espéraient que l’assurance-maladie resserrerait la vis des contrats pour contrôler le nombre de kinésithérapeutes et éviter que leurs revenus ne baissent. Pourtant, le projet de fondation des diplômés « est un ami très fort [de la révision] » et « une étape difficile pour l’action politique », sait Sébastien Guérard de la FFMKR.

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Pour rendre la potion moins amère, Medicare promet de travailler sur les coûts des organismes de formation de kiné pour rendre les cours accessibles financièrement. Outre la hausse des prix, elle propose également d’augmenter les aides versées lorsqu’il est placé dans des zones « faibles » de 3 000 à 4 000 euros par an. La FFMKR tiendra samedi une réunion spéciale pour recueillir le point de vue des kinésithérapeutes sur ce projet. Les arguments promettent d’être vivants. Deux autres organisations, le SNMKR et Alizé Kiné, doivent également consulter leurs membres.