Violences conjugales : la Haute Autorité de Santé veut une prise en charge plus rapide des victimes

A cette occasion, vendredi, journée internationale contre les violences faites aux femmes, la Haute Autorité de santé (HAS) tente d’apporter une solution à ce problème. Le tribunal a publié mercredi un nouvel outil pour inciter l’ensemble du personnel à interroger leurs patients sur « la présence de violences conjugales, actuelles ou passées », comme l’explique un communiqué. L’objectif est clair : « Résoudre la question auprès des premiers intervenants, pour les premiers secours dans la prise en charge des femmes victimes de violences et leur protection. »

Lire la suite – La ministre Isabelle Rome sur les violences faites aux femmes : « Nous avons besoin d’une justice spéciale »

Qu’est-ce qui vient après cette publicité

Chaque année, de nombreuses femmes sont tuées par leur conjoint ou leur mari. En 2021, la police et l’armée ont recensé 122 féminicides. Le nombre qui cette année risque d’être dépassé, puisque le collectif #NousTouts en a déjà dénombré 121.

Qu’est-ce qui vient après cette publicité

Vendredi 18 novembre à Tonneins (47), Vanesa (14 ans) a été enlevée, séquestrée, violée et tuée par Romain Chevrel (31 ans) à la sortie de son collège. @RomeIsabelle nous attendons des notifications (par voie) pour le pic de l’épidémie de sexe et de violences sexuelles en France. pic.twitter.com/6cn6vAFFCd

De nombreux obstacles

La Haute Autorité de santé sait que ses recommandations de 2019 ne sont pas utilisées à grande échelle. Dans son ouvrage sur « l’identification des femmes victimes de violences conjugales » publié en 2019, il avait déjà recommandé aux agents de santé d’interroger leurs patients lors des consultations, même s’il n’y a pas de signes annonciateurs. Mais selon « une enquête barométrique réalisée par l’Institut BVA de la HAS, seules 3% des femmes ayant consulté un médecin généraliste au cours des 18 derniers mois se souviennent avoir été interrogées sur cette question ».

À Lire  Le Service de santé universitaire (SSU) devient le Service de santé étudiant (SSE) en 2023

L’IHAS reconnaît les différents obstacles auxquels sont confrontés les agents de santé : « Incompréhension de la motivation, manque de formation (abondance du problème, effet d’influence, etc.), peur de gâcher la relation avec le patient, sentiment d’impuissance ». Mais je voudrais rappeler l’importance de leur travail : « Les médecins, par la confiance qu’ils ont avec leurs patients, sont souvent les premiers professionnels où les femmes subissent des violences. »

Qu’est-ce qui vient après cette publicité

Qu’est-ce qui vient après cette publicité

Après l’expérimentation, place à l’action

Les professionnels de santé doivent suivre cette recommandation et, conformément aux exigences de la HAS, consulter attentivement leurs patients. Car « les violences invisibles ont des effets sur la santé physique et mentale et ont tendance à être de plus en plus sévères avec le temps, jusqu’à représenter un risque important », selon la Haute Autorité. Dans ce cadre, la HAS a mené une enquête auprès de l’ensemble des médecins. Cela lui a permis de créer un outil pour aider à identifier la violence domestique. Il sera délivré à tous les médecins avec le soutien de l’Assurance Maladie.

Dans un document d’une page, le médecin généraliste trouvera les réponses aux questions qu’il se pose concernant l’accompagnement de ses patients : « Pourquoi l’écran ? Quand et comment vérifier ? Que faire en cas de violence ?… » Sur ce document, il peut également trouver « des conseils pratiques pour parler au patient et des coordonnées et ressources ».

A lire aussi – Violences faites aux femmes : comment l’Espagne a réussi à réduire son taux de fémicides

L’objectif de cet outil est de fournir aux médecins « des clés pour identifier les victimes de violences ». Cela permet également à la HAS de rappeler que les médecins ne sont pas seuls. Ils peuvent s’appuyer sur des acteurs « du social, fédéral, médico-social et judiciaire, pour initier des actions concrètes en fonction des besoins du patient ».

À Lire  Crédit Agricole Assurances veut se développer hors de France